Ibid
l'enseignement 351
cera d'élever. L'école a atteint son but, si l'écolier qu'elle livre à la vie est irabu de sentiments moraux, apte à penser par luimême et à raisonner juste sur des questions précises et simples. 1/élève du deuxième degré a un rôle plus haut à jouer, il importe à tous qu'il ait acquis, dans la mesure du possible, Tàme d'un philosophe, que la discussion des problèmes les plus nobles lui ait donné le goût des spéculations abstraites, et le courage <les recherches libres, qu'il se soit élevé de la conception égoïste et vulgaire à une conception plus large, plus généreuse, plusTiumanitaire du devoir individuel.
L'autre enseignement a pour objet de professer avec plus de détails et de développements toutes les sciences, du moins toutes celles a dont l'utilité est la plus étendue* », et dont Tétude peut être facilitée parles leçons d!un maître. 11 est en effet certaines sciences dont la clientèle et le profit sont trop faibles pour obtenir droit de cité à l'école ; il en est d'autres que l'enfant arrivera plus aisément à posséder, s'il travaille seul et livré à lui-même. Si Ton entend par exemple par les mots histoire et géographie, comme le fait le vulgaire, la description détaillée d'un pays et rhistoire de l'évolution d'un peuple, il est évident que « ces connaissances s'acquièrent plus aisément sans maître et par la lecture*. » En dépit de ces exclusions, la liste des matières qui figurent au programme de l'enseignement scientifique, ne laisse pas d'être très longue, et elle l'est d'autant plus que Condorcet y a inscrit certaines branches de connaissance, certains arts, qu'on n'est point habitué à entendre qualifier de sciences. En effet, à côté des sciences morales et politiques, des sciences naturelles et expérimentales, des mathématiques et des sciences du calcul, de l'histoire et de la géographie, en tant que sciences s'occupant de la distribution des peuples à la surface de la terre à chaque époque de l'humanité, des progrès dé la civilisation et delà suite des grandes découvertes, on trouve la poétique, la grammaire, et enfin la rhétorique. Et pourquoi? C'est que l'art d'exposer ses idées est une grande force, une arme puissante dans la démocratie. 11 est donc utile aux citoyens qui veulent défendre leurs opinions par la parole, et surtout par la plume (car celle-là a reculé