‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 331 sur 520 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

4. Cf. pour ïinslruction militaire, 393-394 ; pour /a marine, 394-397 ; pour la médecine, 397-402 ; pour Varl des constructions, les arts du dessin, la musique, 402-407.

rinstruclion conimime ^ Les notions qu'ils ont acquises pendant leurs études classiques ne leur suffisent pas : ils ont besoin que des professeurs éminents les initient aux découvertes les plus récentes, aux théories les plus élevées, aux méthodes rigoureuses d'investigation et de recherche. Leur nombre ne sera jamais très considérable ; et une seule école les contiendra tous ^. Cet Institut (quelque nom qu'on lui donne) sera, comme le demandait le président Rolland, établi à Paris. Il aura un caractère encyclopédique : toutes les sciences y seront professées, aussi bien les sciences morales et histori<(ues,que les sciencesexactes; et toutes seront enseignées de la même manière, suivant le même esprit criti(|ue, positif, on pourrait même dire positiviste, tant Condorcet apparaît nettement ici comme le précurseur d*Auguste Comte. C'est ainsi (pie le moraliste refusera, à priori, de reconnaître et de laisser intervenir dans ses spéculations une autorité étrangère et suprasensible, d'invoquer pour les besoins de sa cause aucun argument d'ordre religieux ou politique'. Et même l'historien devra se méfier de la tradition et des livres anciens. S'il se borne à répéter ce (pie d'autres tmt dit avant lui, il propagera fatalement des erreurs. Il devra donc examiner les faits en eux-mêmes, indépendamment des commentaires qui en accompagnent le récit, penser toujours par lui-même et n'enseigner pour vrai à ses élèves (pie ce qu'il a reconnu pour vrai, aprèSune criti([ue sévère*.

Mais après avoir re(;u cet enseignement scientifique, les étudiants seront-ils complètement abandonnés à eux-mêmes ? Condorcet estime que cela est impossible. Pour que la science pro gresse, il faut constamment exciter l'ardeur et l'émulation des savants, leur signaler sans retard les découvertes nouvelles, les problèmes intéressants. Comment, s'il n'y a pas de groupem'ent officiel et permanent, entreprcMidre ces vastes travaux, dont le succès importe tant à Thumanité, et qu'aucun individu ne réussirait à mener à bien? Comment recueillir, coordonner les observations isolées et éparses afin d'en dégager les conclusions

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