‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 334 sur 520 · RECRUTEMENT DES MAITRES · texte numérisé non relu

RECRUTEMENT DES MAITRES

didats en présence? Ainsi, et pour des raisons politiques, il est nécessaire de lui enlever la nomination des maîtres.

A qui donc la donner? Tout entière, à personne. La désignation d'un professeur apparaît en effet, quand on y réfléchit, comme une opération complexe, qui ne peut être effectuée, ni tout d'un coup, ni par un seul et même agent. Un candidat, pour avoir droit à une place, doit satisfaire à trois conditions distinctes : d'abord être capable de bien remplir celte place, ensuite convenir aux circonstances locales et accidentelles au milieu desquelles il aura à exercer ses fonctions, enfin remporter en mérite sur ses concurrents *. Ces conditions, on le voit immédiatement, ne sont pas toutes les trois de la même nature. Les deux premières ont un caractère objectif et absolu que ne présente pas la troisième : le postulant y satisfait ou n'y satisfait pas. Peu importent le nombre des postes à pourvoir, celui des concurrents: les candidats peuvent, s'ils en sont dignes, obtenir tous ces deux brevets de capacité et d'aptitude ^. Au contraire la troisième condition est essentiellement relative et subjective. La préférence qu'on accorde à un individu sur tous les autres peut être motivée par des raisons sérieuses, mais aussi par des motifs sentimentaux sans valeur. Un homme ne bénéficie pas seulement de ses qualités propres et des sympathies qu'il s'est conciliées, il profite encore des défauts et des inimitiés de ses adversaires. Dès lors l'ordre des préférences variera notablement suivant les moments, suivant les opinions des arbitres : il n'exprimera plus un jugement réfléchi, objectif et certain, mai3 un simple choix, qui peut, suivant les cas, être conforme ou contraire à la justice ^

Le soin de savoir si un homme est ou n'est pas capable d'enseigner doit être remis aux sociétés savantes des départements. Celles-ci dresseront une liste de tous les candidats qui réunissent les garanties de savoir nécessaires pour professer dans les écoles du premier, du deuxième et du troisième degré*. Parmi ceux qui ont subi avec succès la première épreuve, il faut opérer une seconde sélection. Il est des aspirants qui ne conviennent pas

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