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374 Alî COMITK d'iNSTIUT.TION PrBLIQCE
que la partie militaire avait été sectionnée d'une manière diflerente que les autres branches politiques, il en pouvait être de même à l'égard des établissements résultant de Tinstruction*. » Ses arguments ne parurent sans doute pas péremptoires ; car les propositions se multiplièrent et la discussion devint très confuse. Il parut cependant bientôt que la majorité des commissaires était favorable à la nouvelle institution et le débat dévia : il porta sur le cliiiïre des établissements à créer. Gentil et Quatremère demandèrent tous deux que le nombre des lycées fiit des plus restreints, et qu'on se contentât en général d'adjoindre aux collèges les plus importants quelques chaires d'enseignement supérieur. Leur proposition dut faire impression sur leurs collègues, car Condorcet, qui jusqu'alors avait gardé le silence, intervint pour défendre son projet. 11 invoqua la « nécessité de propager les lumières » et « l'intérêt que les provinces avaient de n'être point en infériorité avec Paris, seul foyer des lumières ». Son opinion, soutenue par Pasloret, l'emporta enfin; et la majorité arrêta qu'il y aurait un quatrième degré d'instruction publique. La création de la société nationale qui devait être au faîte de la nouvelle hiérarchie universitaire fut votée rapidement ; le texte du procès-verhal semble indiquer qu'il n'y eut point de débat: le fait est étrange si l'on pense qu'un an plus tard l'un des plus graves reproches que l'on adressa au plan de Condorcet fut justement d'avoir restauré une corporation, et d'avoir livré la jeunesse à la tyrannie d'un corps fermé.
Les grandes lignes du système arrêtées, le comité aborda l'examen des détails : il s'occupa tout d'abord du titre relatif aux écoles primaires. Deux ou trois articles seulement furent sérieusement discutés. Gentil observa, à propos de l'article 3, qu'il était impossible à un seul maître de suffire au travail exigé par la conduite de 4 classes, et Audrein demanda qu'avant de fixer le nombre des maîtres, on fixât d'abord le chiffre maximum des élèves qu'on pourrait réunir en une division. Arbogast répondit aux deux orateurs en citant l'exemple de son département et celui de l'Allemagne. Condorcet prit aussi la parole ; mais le procès-verbal, si souvent défecteux, est ici particulièrement obscur