‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 352 sur 520 · Cf. Institut., Mss. N. S. 21, dossier A, n · texte numérisé non relu

Cf. Institut., Mss. N. S. 21, dossier A, n

4. Son agent fut surtout Jullien, ami de Stanhope./7)«/(7u/., Mss. N. S., i6ie/.,38.

Le ministère girondin ne trompa point sa confîance ; le 20 avril', le roi proposait enfin la mesure que Condorcet jugeait depuis longtemps fatale : TAssemblée vota la guerre au roi de Hongrie. Le lendemain, Condorcet montait à la tribune, et lisait un projet de manifeste, où il exposait les raisons qui, selon lui, avaient dicté la détermination de la Législative. En laissant à la France l'initiative de la rupture, l'Empereur a voulu rejeter sur elle tout Todieux de la guerre : profitant des apparences menteuses, il cherchera à représenter les Français comme une nation ambitieuse et perfide, indigne de la sympathie ou du secours des autres peuples. L'Assemblée se doit donc à elle-même, elle doit Ù ses commettants de justifier publiquement sa conduite, et de rétablir la vérité des faits. C'est cette justification que Condorcet a entrepris de composer.

A peine la France, usant de son droit souverain, avait-elle manifesté sa volonté d'être libre qu'une ligue menaçante se formait contre elle. « Jalouse de conserver la paix, FAssemblée nationale a d'abord demandé quel était l'objet de ce concert entre des puissances si longtemps rivales, et on lui a répondu qu'il avait |)<)ur motif le maiutien de la traïupiillité générale, la sûreté et l'honneur des couronnes, la crainte de voir se renouveler les é\énements ({iront |)résentés (juelques é[)0(|ues de la révolution françiuse *. » Cette réponse est évidemment une défaite. « Comment la l^'rance menacerait-elle la tran(|uillité générale, puis- (jucile a |)ris la résolution solennelle <le n'entreprendre aucune coii<|uéte, de n'attaquer la liberté d'aucun peuple'-... Sans doute, la nation française a prononcé hautement que la souveraineté n'appartient (ju'au peu|»le, (pii, borné dans l'exercice de sa volonté su|)réni(* par les droits de la |»ostérité, ne peut déléguer de pouvoir irrévocable '\ a Mais est-ce troubler la paix <jue de proclamer de stMoblables princi|)es? « Ouelle idée les princesse feraient-ils donc de la légitimité de leur pouvoir, ou de la justice avec la(|uelle ils Texercent, s'ils regardaient renonciation de ces maximes comme une entreprise contre la sûreté de l'État* ? »

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