Ibid., 4i
384 LA OÉCLARATrON DE GUERRE
droits communs à tous ceux que ce nom doit également protéger. Dira-t-on qu'on peut, pour dédommager ces princes, leur abandonner une portion de territoire ? Non : une nation généreuse et libre ne vend point des hommes, elle ne condamne point à Tesclavage, elle ne livre point à leurs maîtres ceux qu'elle a une fois admis au partage de sa liberté *. »
Les habitants du Gomtat ont de même secoué le joug du pape; au lieu de rester indépendants, ils ont préféré se donner à la France, « et la France ne les abandonnera pas, après les avoir adoptés ». Le peuple d'Avignon, en reprenant sa liberté « a fait usage d'un pouvoir qu'une longue servitude avait suspendu, mais n'avait pu lui ravir, et l'indemnité proposée par la France n'était pas même exigée par la justice* ».
Ainsi tous les griefs que les coalisés allèguent pour justifier leur ligue sont inexacts et fallacieux. Ce que l'empereur veut, c'est la ruine de la constitution française, c'est la ruine de cette égalité proclamée enfin par la Constituante ; ce qu'il projette, c'est un attentat contre la dignité de la France. L'Assemblée nationale Ta compris : tout en continuant à désirer la paix, elle a prévu la fatalité d'une guerre. Klle a demandé à la maison d'Autriche de ne plus protéger les émigrés, de renoncer à des préparatifs injurieux: elle n'a point obtenu satisfaction. Ses ennemis ont feint de croire qu'elle représentait seulement une faction, et non point le peuple, (jue le roi n'était pas libre. Quelque désir qu'elle eut de ne |)oint recourir aux armes pour vider sa querelle, elle a (lu enfin « préférer la guerre à une patience dangereuse pour la liberté^ ». Pille n'a pas voulu « donner à notre ennemi le temps d*é|)uiser nos ressources en longs |)réparatifs, de tendre tous ses jnèges, de rassembler toutes ses forces, de resserrer ses premières alliances, d'en chercher de nouvelles, d'acheter encore des intelligences parmi nous, de nuiltiï»lier (huis nos |)rovinces les conjurations et les coni|)lots'* ». Mise en demeure de choisir entre une ru|)ture et une paix honteuse, elle s'est résignée au premier parti.
Tous les bons citoyens approuveront sa conduite: tous refuse-