‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 355 sur 520 · EFFET DE LA DÉCLARATION · texte numérisé non relu

EFFET DE LA DÉCLARATION

ront de consentir au rétablissement de Tancien régime, des inégalités odieuses, des anciens impôts vexatoires, à la reprise des biens nationaux. Tous se lèveront pour sauver leur patrie et leur liberté menacées. L'Empereur « annonce en son nom, au nom de ses alliés le projet d'exiger de la nation française un abandon de ses droits... Eh bien! elle ne se soumettra pas. Cet insultant orgueil, loin de Tintimider ne peut qu'exciter son courage. 11 faut du temps pour discipliner les esclaves du despotisme ; mais tout homme est soldat, quand il combat la tyrannie ; Tor sortira dests obscures retraites au nom de la patrie en danger. Ces hommes ambitieux et vils, ces esclaves de la corruption et de Tintrigue, ces lâches calomniateurs du peuple, dont nos ennemis osaient se promettre le honteux secours, perdront Tappui des citoyens aveuglés ou pusillanimes, qu'ils avaient trompés par leurs hypocrites déclamations, et Tempire français, dans sa vaste étendue, n'offrira plus à ses ennemis qu'une volonté unique, celle de vaincre ou de périr tout entière avec la constitution et les lois*. »

II. — Cet éloquent appel à l'union et la concorde, qui fut accueilli par la Législative avec un enthousiasme indicible, resta lettre morte, et les espoirs de Condorcet ne furent point réalisés ^ Les peuples, pas plus que les rois, ne sentirent la justice de la cause de la France, et ne parurent disposés à lui venir en aide. Même Théritier de Frédéric II, ce roi de Prusse sur le concours duquel Condorcet avait si fermement compté, se déclarait en faveur de la maison d'Autriche et joignait ses troupes à celles de son ancien ennemi. Le génie de la liberté ne transforma point de suite les recrues de la Révolution en vieux soldats, et les esclaves du despotisme mirent d'abord en fuite sans combat les champions de la liberté. L'or ne sortit point de ses obscures retraites; mais une masse croissante de nouveaux assignats vit la lumière. Et, chose plus grave, l'empire français n'offrit point du tout une volonté unique. Les vieilles querelles s'exaspèrent ; les patriotes se divisent, fulminent les uns contre les autres ; la

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