‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 356 sur 520 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

2. Chronique de Paris, 22 avril 1792, p. ihO; Journal de Paris, 22 avril p. 454; i'atriole français^ 21 avril, p. 448; Journal général de Franre, 22 avril, p. 4i1 : Annales patriotiques, 22 avril, p. 498 ; Ami du Roi, 22 avril, p. 450-451. Cr. Dumas, Mémoires, II, 124 ; Kovaleski, Ambassadeurs vénitiens, 435.

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rivalité de la Gironde et de la Montagne s'annonce par une campagne générale de dénonciations et d'outrages. Condorcet put de suite apprendre à ses dépens la vanité de son rêve; jamais il ne fut plus attaqué qu'au moment de la déclaration de guerre, et en mai 1792.

Les amis de la cour l'avaient quelque peu épargné durant la fin de 1791 ; à partir du mois de février 1792, ils ne cessent plus de le railler ou de Tinvectiver. LWmï du Roi, V Ami des pstlrioles ne sont pas plus violents à son égard que le Journal de Paris, la Gazette de Paris, ou le Mercure, Il est désormais un des chefs patriotes, et cela se voit aux efforts qu'on tente pour le perdre. Chas, Calvel, Chéron, Freyssenel, Baert, puis Ducos, Lacretelle Jeune * publient contre lui des lettres-réquisitoires que les gazettes du parti s'empressent d'accueillir. Tous se servent naturellement des arguments dont leurs devanciers ont déjà usé ; ils accusent Condorcet de cupidité, de bassesse, d'ingratitude ; ils lui reprochent d'avoir successivement flatté et trahi le roi, de vouloir détiniire une constitution qu'il a juré de respecter, et « donner aux brigands et aux factieux une portion des domaines et des fruits qui appartiennent aux véritables propriétaires ^ ; ils le rendent responsable des massacres de la Glacière, des malheurs de Sainf-Domingue; ils l'appellent brigand, anarchiste, protecteur de Jourdan Coupetète. soudoyé de TAngleterre. Tontes ces insultes émanent sans doute de gens qui n'ont point l'oreille du peuple ; elles n'ont point laissé cependant de produire de TefTet sur la foule, et de nuire à Condorcet, tout d'abord parce que la calomnie persistante obtient toujours quelque crédit, puis parce quelles correspondaient bien aux idées de l'époque, aux appréhensions delà masse, et qu'elles ont été reprises par d'autres ennemis plus écoutés, par cela même plus dangereux, par Robespierre et ses amis.

1. Lettre de Chas, dans le Journal (fénéral de France, 17 mars 1792, 30ô- :!06; Calvet, lettre du 2 février 1792, cf. Dihiiographie ; Chéron écrit contre Condorcet une première lettre du 9 février 1792, reproduite dans V Ami des Patriotes, V, 79; une seconde du 22 avril [ibid., 323-332); une troisième du 2ô juin, publiée dans le Journal de Paris, (1792, t. III, supplément n" 103, 1 et sq.). Cf. aussi Journal de Paris, 2.5 avril 1792, p. 468. Freyssenel écrit contre Condorcet dans le Journal de Payis, supplément n*'39, p. 2. La lettre du baron de Baert (cf. Bibliographie) est anahsée dans le Courrier de Gorsas, Législative, V, 101-102. Ducos écrit dans le Journal de Patis, 1792, supplément n° 72, p. 2.

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