Cf. Défpuseur (te la ConslUiition
2. Le Patriote français mentionne comme dénoncialciirs Collot. Merlin* Chabot (25 avril 1792, p. ifiO). Dans lo Journal (fendrai de Franre (26 avril 1792, p. 467), le nom de Collol n'est pas cité; mais on trouve celui de Tallien, membre du Cluh des Cordeliers.
n'en appuie qu'une, celle de Merlin. Ainsi Condorcet se trouvait (Hre le principal accusé : tout Tétat-major des Jacobins se réunissait dans une action contre lui. L'attaque est d'autant plus redoutable, qu'il est hors d'état de se défendre: la maladie le retient au lit, il n'a pu écrire son article quotidien. Brissot se constitue son avocat; il prononce un magnifîque éloge de son ami, il rappelle tous les services que Condorcet a rendus à la liberté. Mais il eut le tort, en se disculpant lui-même, de prendre trop vivement l'ofTensive, et de prononcer moins un plaidoyer pour lui-même (ju'un réquisitoire contre Robespierre ^ Celui-ci n'eut point de [)eine à réfuter, dans l'esprit de ses auditeurs, les accusations qu'avait formulées Brissot, il affecta une modération, une longanimité qui attendrirent les Jacobins, et le firent regarder décidément comme la victime de calomnies odieuses.
Les dénonciations de Chabot, de Merlin, ne furent suivies d'aucune exclusion ; Robespierre n'en avait pas moins atteint son but; il avait compromis les chefs du parti de la guerre, ses adversaires personnels, devant les Jacobins : l'élection du 17 mai, qui porta Merlin à la présidence, Chabot et Collot au secrétariat, est significative à cet égard ^. 11 voulut poursuivre ses avantages; et, malgré une réconciliation apparente, la lutte continua de plus en plus ardente. Robespierre ne cesse plus d'attaquer nommément ses adversaires dans son nouveau journal, le Défenseur de la Constitution. Sa vertu rigide ne lui interdit pas la mauvaise foi, quand il combat un rival ; bien que les accusations qu'il dirige contre Condorcet soient évidemment dénuées de fondement, Une laisse pas de les formuler avec assurance. Selon son clairvoyant détracteur, Condorcet a toujours été, même après leur rupture notoire, le complice et l'allie de Lafayette ^ : il a poursuivi avec opiniâtreté le dessein de renforcer l'autorité royale. Il n'a voulu la République, en Juillet 1791, que pour « égarer la majorité de l'Assemblée constituante » et donner « le signal du carnage des citoyens paisibles.^ » Si l'on veut ne point suspecter ses intentions, il faut alors reconnaître que sa conduite a été « une