‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 360 sur 520 · Aulard, 7aco6m.ç, III · texte numérisé non relu

Aulard, 7aco6m.ç, III

•î. Ihfenseuv delà Constitutioîi, n** 1, p. 2. i. //m/., p. 10-11.

souveraine impolitique et une profonde ineptie * ». Depuis la réunion de la législature, son attitude ne peut plus être jugée de façon diverse : les persécuteurs de Rousseau ont été les amis de Lafayette et de Narbonne : ils ont vécu des faveurs de la cour ; ils sont Tinstrument d'intrigues féminines * : le peuple ne peut plus avoir confiance en Condorcet, en Brissot. Leurs menées sont percées à jour: il faut que rindignation publique les frappe de la flétrissure qu'ils méritent. Condorcet notamment ne recule devant rien, pas même devant un faux, pour déshonorer les patriotes ; que ceux-ci privent de leur estime le libelliste criminel et le mauvais citoyen '. Les partisans de Robespierre imitent naturellement leur chef. Entre tous, LecoinT tre se distingue par sa violence ; il reproche durement à Condorcet sa partialité pour Narbonne : « Vous faites plus, Monsieur, continue-t-il; vous ne cessez de calomnier ceux qui dénoncent ces délits, les preuves à la main, dans un journal dont vous vous êtes emparé pour concourir plus puissamment à la dégradation de Tesprit public, et aux succès do votre faction... » Et il termine en disant que Condorcet montre « un excès de perversité que tous les honnêtes gens doivent réprimer * ».

Condorcet ne semble pas ému de ces attaques furieuses ; il y répond à peine, de temps en temps, d'une ligne hautaine*^. Il ne retire rien de ce qu'il a pu penser et dire ; il a déclaré que les adversaires de la guerre se conduisaient en mauvais citoyens, et faisaient le jeu des agents de la liste civile; il n'a pas changé d'opinion sur leur compte ; s'il a blAmé certains actes de Narbonne, il a rendu hommage à son patriotisme, à son zèle ; on n'a rien

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