‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 364 sur 520 · LE COMITÉ AUTRICHIEN · texte numérisé non relu

LE COMITÉ AUTRICHIEN

Condorcet se prononce pour Taffirmative ; il nie que l'Assemblée constituante ait accordé une valeur constitutionnelle au chiffre de rindemnité ; il observe que le monarque n'a plus à entretenir autour de lui, comme parle passé, tout un monde de courtisans, (|ue la nation s'est engagée à servir les pensions légitimes qu'il avait encore, en 1790, à acquitter sur son revenu personnel; que l'éducation du prince héritier doit faire l'objet d'un chapitre budgétaire spécial. 11 propose donc d'abaisser à 9 millions la dotation annuelle de Louis XVI. Cette première mesure ne suffit pas ; il faut encore que les dépenses du roi soient soumises à un contrôle sévère, qu'elles soient acquittées par un intendant responsable, et soumises à la vérification de l'Assemblée, que rien en un mot ne puisse être distrait des sommes fournies par la nation pour faciliter les projets, les attentats des ennemis de la nation ^

Voilà pour l'avenir ; il importe de ne point oublier le présent. Un complot a été ourdi ; il faut en rechercher et en punir les auteurs ? Quels coupables l'enquête dénoncera-t-elle ? Condorcet n'ose le préjuger. Le 5 juin, il se borne à dire que le comité autrichien est formé « d'hommes qui étaient des personnages d'importance sous l'ancien régime » ; ses membres sont les plus grands ennemis de Louis XVI, car ils « ont médité d'en- Io>er le roi; et, après l'avoir rasé et mis dans un couvent pour le reste de ses jours, on aurait proclamé Monsieur régent du royaume -. » Quelle apparence y a-t-il dès lors, que le monarque ait figuré dans leurs rangs? Et pourtant Condorcet ne révoque point en doute la complicité du roi ; il n'ose encore exprimer son opinion, tant il croit à la fidélité monarchique du peuple; mais il la laisse deviner de temps à autre. 11 écrit à la fin de sa Bevision des travaux de la législature : « Ce n'est pas <jue la liberté |)uisse dépendre de quelques traîtres, comme elle ne dépend point (le quelques hommes. Le succès d'une révolution qui a remué

1. Cf. Sur la liste civile, Œuvres, XÎI, p. 179 et sq. Condorcet voulait demander qu'on fixât provisoirement en bloc les dépenses proportionnellement aux receltes, puis qu'on revint à Texamen approfondi des divers chapitres du budget. II comptait demander la réduction de la liste civile, hamond combattit sa proposition qui fut ajournée. Voirie texte ci-dessus cité, et Journal de Paris, 2 juin 1792, p. 621.

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