‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 367 sur 520 · I. Chronique de PariSy i6 juin 1792, p · texte numérisé non relu

I. Chronique de PariSy i6 juin 1792, p

2 (Eiivres, I, 53i. Patriote français, 20 juin 1792, p. 685, etc.

400 LA DÉCHÉ\NCE

sa motion au clnb des Jacobins, où il n'avait pas paru depuis longtemps*. Sa démarche qui n'eut point de retentissement est cependant significative; elle implique chez lui la volonté très nette d'oublier le passé.

On devine les sentiments avec lesquels il accueillit les événements du 20 juin. Le soulèvement des Parisiens ne Tâtonna point ; son indignation comprenait la leur; mais, loin de contribuer à la préparation du mouvement, il eut voulu en retarder, sinon en empêcher l'explosion. Il craignait que la manifestation |)rojetée ne se changeât en une véritable insurrection, que le peuple surexcité ne discréditât sa cause par des excès ou môme ne se portât à des violences contre le roi, contre l'Assemblée ; il tremblait, non pour la constitution, mais p(Mir la paix et la liberté. L'attitude de la foule démentit son angoisse ; la journée du 20 juin ne lui en sembla pas moins, et avec raison, un événement fâcheux pour la politique qu'il défendait. Elle irrita Louis XVI, sans Tintimider; elle lui donna l'apparence d'une vie time, et lui procura un regain de popularité ; elle divisa les citoyens et risqua même de désorganiser la défense nationale. Dès (|ue l'envahissement des Tuileries fut connu, des protestations indignées aflluèrent de toutes les parties de la France sur le bureau de l'Assemblée. Condorcet ne les énumère pas toutes dans la Chronique y loin de là : il les passe sous silence le plus souvent qu'il peut; mais Tamerlume avec laquelle il analyse les plus retentissantes, la sévérité avec laquelle il les condamne, prouvent suffisamment que ce mouvement royaliste le surprend par son ampleur. Les directoires départementaux, à leur tète celui de Paris, réprouvent en termes violents l'attentat commis par les Parisiens et demandent le châtiment des coupables. Les chefs militaires adoptent, eux aussi, une attitude menaçante et paraissent résolus à appuyer les mêmes revendications par la force des armes. Après lui avoir écrit une lettre insolente, Lafayette vient, sans congé régulier, sommer IWssemblée de punir « la secte qui prétend envahir la souveraineté nationale • ».

1. Aulanl, Jacobins, IV. 17. Cundorcel et ses amis n'avaient plus guère paru aux Jacobins après les dénonciations de Chabot et de Merlin.

*2. Lettre de La fin/elle. Sur celte lettre, cf. Institut,, Mss. N. S. 21 dossier S n" 3G et Cotl. citaraca;/.

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