‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 372 sur 520 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

ATTITUDE DE i/aSSEMBLÉE 405

qiiement, parce qu'elle lui parait de nature à rallier tous les bons citoyens, est celle de Vergniaud, de Brissot, de Gensonné, de (îuadet, de Cambon, de Delaunay, et de Couthon tout ensemble. Les applaudissements qui en accueillent Texposé à TAssemblée, montrent qu'elle a pour elle la majorité des députés, que, enhardis par l'attitude des Sociétés populaires, par l'annonce du départ des fédérés, les timides se sont rapprochés de leurs collègues plus énergiques, et acceptent leur programme d'action. A mesure que le temps passe, la Législative devient de plus en plus hostile à la personne royale, si elle laisse hors du débat l'institution monarchique elle-même. Elle adopte sans discussion et communique au roi sans délai le message de Condorcet.; quelques jours après, Brissot obtiendra un vif succès en demandant, contrairement à la lettre et à l'esprit de la constitution, d'examiner les actes et la conduite du roi, d'établir la responsabilité qu'il a personnellement encourue. En même temps elle cherche, conformément aux conseils de Condorcet, à annuler le pouvoir exécutif. La proclamation de la patrie en danger n'est point seulement un acte patriotique destiné à émouvoir, à surexciter le peuple, à rendre plus efficace la défense nationale ; elle est, dans toute la force du terme, un acte révolutionnaire ; elle présage une suspension de la légalité complète ; elle est destinée à permettre, au cas où le monarque ne garderait plus son pouvoir, des rapports directs entre le corps législatif et les autorités départementales. « Cette loi avait, écrit Condorcet dès le 5 juillet en parlant de la proposition de de Bry, était nécessaire dans un moment où la nation française, entourée de complots, forcée de se méfier de ceux à qui la direction de ses forces a été remise, ne peut attendre son salut que de son union et de son courage. Il faut qu'une trahison, quelque grande, quelque imprévue qu'elle puisse être, trouve la nation toute prête à la punir et à en arrêter les effets*. » Et, le 18 juillet, pour permettre à la commission extraordinaire de jouer un rôle plus actif, et pour faire d'elle un véritable pouvoir exécutif, l'Assemblée décide de lui adjoindre les 9 suppléants, dont Condorcet.

II. — La commission des Douze, qui devient ainsi celle des Vingt et Un, était d'institution déjà ancienne, puisqu'elle avait été

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