‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 374 sur 520 · PREMIERS ACTES DE LA COMMISSION · texte numérisé non relu

PREMIERS ACTES DE LA COMMISSION

lucaie qu'il y eut uu moyen constitutionnel de sauver la France, supérieur à tous les scrupules et à toutes les censures malveillantes ^ » Les faits confirment cette appréciation. La commission propose, le 23, d'établir la responsabilité collective des ministres; ils espèrent ainsi faciliter le contrôle, effrayer les timides, ôter au roi toute action sur le cabinet. Guyton, qui appuie la mesure, souligne en ces termes l'intention qui Ta dictée : « Vous voulez, dit-il, sauver la conslilution, par la constitution, sans sortir de la constitution; je le veux aussi, je le voudrai aussi longtemps qu'on ne sera pas parvenu à la perdre, au point qu'il n'y ait plus d'autre remède que ce que Mirabeau appelait le tocsin de la nécessité*.»

Avant de le frapper, et pour n'avoir point à le frapper, les Vingt et Un résolurent d'avertir une dernière fois Louis XVI des dangers qu'il courait. Le 25, Condorcet fut chargé de rédiger un nouveau message au roi ^ 11 se contenta de reprendre, en y introduisant des expressions plus sévères, en aggravant les menaces, son texte du G juillet.

« Par quelle fatalité, Sire, écrit-il, n'avons-nous pour ennemis que des hommes qui prétendent vous servir ? Par quelle fatalité sommes-nous obligés de douter si ces ennemis de la France vous servent ou vous trahissent? Les familles des rebelles de Coblentz remplissent votre palais, les ennemis connus de l'égalité et de la constitution forment seuls votre cour, et l'on chercherait en vain auprès de vous un homme (|ui eut servi la cause de la liberté ou (jui ne TeiU pas trahie... Tous vos intérêts. Sire, se réunissent à TinténH de la patrie, toute connivence, toute faiblesse, quand même elle serait suivie de ce succès impossible, que peut-être de lâches conspirateurs osent vous promettre, serait pour vous le plus grand des malheurs. Jamais les peuples, qui pardonnent tout, n'ont pardonné le crime de les avoir avilis devant un joug étranger... Vous pouvez encore sauver la patrie, et la couronne avec elle... La nation vous demande une dernière fois de vous unir à elle pour défendre la constitution et le trône ^ »

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