‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 393 sur 520 · Justification^ Œuvres, I · texte numérisé non relu

Justification^ Œuvres, I

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nuer de régner sur l'opinion, et qu'il fera oublier aux départements la supériorité que les lois et sa position concourent à lui assurer *. »

Après avoir prêché le calme aux Parisiens, Coudorcet adressa aux électeurs de province des exhortations analogues. L'insurrection du iOaoiit, la suspension du roi ont pu troubler, indigner même beaucoup de citoyens insuffisamment éclairés. L'Assemblée s'est rendue par son vote solidaire des sections ; elle ne peut ni ne doit, sous peine de n'être plus rien, les désavouer, ni arguer de contrainte. Il faut que, revendiquant l'entière responsablité de ses actes, elle justifie publiquement sa conduite passée, mette en relief les trahisons du roi, rassure les citoyens sur ses intentions et sur Tavenir. « C'est à l'influence de la lumière et de la vérité qu'il faut recourir pour prémunir l'opinion publique contre les suggestions des traîtres qui provoquent les divisions et cherchent à provoquer la guerre civile*. » Aussi, en l'espace de huit jours, Condorcet présente-t-il à la Législative trois adresses qu'il a rédigées, et qui, toutes trois, furent adoptées sans débat.

La première ^ est une déclaration sommaire enregistrant le fait accompli, et exhortant les Français au calme. La seconde*, beaucoup plus longue, qui obtint un grand succès et fut partout répandue, est une « exposition des motifs d'après lesquels l'Assemblée nationale a proclamé la convocation d'une Convention nationale et prononcé la suspension du pouvoir exécutif dans les mains du roi. » C'est un violent réquisitoire rétrospectif contre Louis XVL Condorcet s'est efl'orcé d'y démontrer que le roi a causé tous les malheurs de la France ; provoqué la guerre civile et la guerre étrangère, excite les émigrés et les prêtres, appelé l'Empereur à son secours, payé des difl'amateurs, discrédité la législature, paralysé la défense nationale. Tous les Français, certes, se seraient levés contre le monarque indigne, s'ils avaient distinctement connu son indignité. Les Parisiens savaient tout ; ils voyaient les affîdés de Coblentz peupler les Tuileries; après une longue patience, ils ont jugé que les dangers publics les relevaient

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