ExposUioriy Œuvres, X
3. Chronique de Paris^ 15 août, p. 910. Condorcet avait écrit sur ce sujet un article plus étendu qui a été publié (Œuvres, XII, 15 et sq.). Le titre est imaginé par les éditeurs, et ne nous semble pas exact.
428 LE r.OdVEIlNKMl'NT PUOVISOIHE
inlriîjjiics ; l'invasion étrangère lui paraissait le préhide de la chute du régime révoluUonnaire, et les malheurs publics redoublaient son ardeur à les exagérer. A leur suite les croyants restaient malveillants et hostiles. Et surtout le peuple de Paris n'adopta point Tattitude calme et déférente (|uc Condorcet attendait de son patriotisme. AtVolé par la succession des échecs militaires, par les progrès des armées coalisées, il devient aigri, soupçonneux à Tcxcès ; il voit partout la trahison ; la moindre apparence devient à ses yeux une preuve convaincante ; impatient de tout relard à frapper les coupables, il se prend de plus en plus pour le grand justicier national. Kn août, il réclame de la Législative le privilège de former la Haute Cour; eu septembre, il s'insurge i\ nouveau, et ce sont les massacres épouvantables que Ton sait. Condorcet les réprouve naturellement; ils ne lui paraissent point seulement un forfait abominable, une souillure atroce qui profane son idéal; ils lui paraissent encore un malheur public dont il est impossible de calculer jes suites. Les massacres de septembre n'achèveront-ils pas d'aliéner à la France les sympathies de l'Kurope ? Ne vont-ils pas soulever l'indignation desdépartements? Les députés (pii ont voté la suspension du roi ne vont- ils point être rendus solidaires des meurtriers et responsables du sang versé ? Mais il est inutile de récriminer contre les faits accomplis. 11 est impossible de châtier les émeutiers; il serait puéril et dangereux de manifester une colère vaine; l'Assemblée doit tirer « le rideau sur ces événements * », et se borner à en prévenir le retoin*. Heureusement le parti des assassins est peu nombreux. Ce n'est point Paris, ce n'est même pas la Commune, c'est Marat et sa bande (pii ont per[)étré les forfaits de septembre. La politi(|ue à suivre est donc tout indiquée. La Législative devait, écrira plus tard Condorcet, s'adresser « aux sections qui ne partageaient point l'esprit violent et désorganisateur de cette commune » et se servir « de la commune elle-même qui gémissait sous la tyrannie de (juehiues vils agitateurs ^ ». Pour arriver à ses lins, il lui fallait reconquérir la confiance de la capitale. On l'aocusail de manquer d'énergie et de patriotisme, de nourrir
i. Chronique de Paris, 4 septembre, 990. 2. Justification^ (Kuvrcs, I. COi.