‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 396 sur 520 · LKS MASSACRE<^ DE SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

LKS MASSACRE<^ DE SEPTEMBRE

(les pensées ténébreuses, d'ajourner la réunion de la Convention, pour se perpétuer au pouvoir, et même d'aspirer à restaurer, avant sa séparation, le roi ou du moins la royauté. Quelque absurdes que fussent ces reproches, Condorcet eût voulu que l'Assemblée en montrât l'injustice évidente, se disculpât de tout soupçon ; et c'est pourquoi il soumit, dès le 4 septembre, à ses collègues une adresse républicaine, qui se terminait par ces mots: « Ce serment, qu'ils [vos représentants) ne peuvent prêter comme représentants du peuple, ils le prêtent comme citoyens et comme individus : c'est celui de combattre de toutes leurs forces les rois et la royauté * . »

L'adresse fut adoptée à l'unanimité ; le 10 août était loin, et, avec lui, la suspension provisoire du roi. Mais la politique de Condorcet n'en eut pas plus de succès. Les députés de la Législative, et surtout les Girondins, éprouvaient à l'égard de Paris les mêmes sentiments de méfiance angoissée que naguère les Constituants. Les événements qui se déroulèrent en août et au début de septembre, les perquisitions opérées chez Brissot et ses amis, les pétitions impérieuses qui leur étaient portées, le mépris qu'on faisait d'eux, les massacres des prisons exaspérèrent leurs craintes. Ils jugèrent leur liberté, et avec elle, la liberté nationale menacée, et l'empire près de tomber sous la domination d'une ville. Ils éprouvèrent pour le peuple de Paris une véritable horreur ; imbus des souvenirs antiques, ils l'identifièrent avec la plèbe romaine, turbulente et sanguinaire, dont les fureurs avaient perdu les Gracques, intronisé César. Sans force, ils ne se résignèrent ni à subir en silence leur captivité, ni à tenter de se réconcilier avec la capitale. Ils ne se lassèrent point d'exhaler des doléances vaines, et d'accuser la Commune de rébellion et de tyrannie. Ce fut la lutte au lieu de l'apaisement, et les esprits étaient si aigris, à la fin de septembre, que le bruit d'un attentat projeté contre les membres de la Législative trouva partout créance.

Condorcet s*épouvante de cet état de choses"^. Il faut à tout prix calmer le peuple, l'empêcher de se livrer à des violences contre

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