‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 397 sur 520 · Adresse, Œuvres, X · texte numérisé non relu

Adresse, Œuvres, X

2. Chronique de Paris. Cf. notamment n" du 18 septembre, 1046.

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l'ancienne représentation nationale. Si les députés dont les pouvoirs expirent sont Tobjet de sévices, Favenir de la France se trouve compromis. La Convention nationale ne paraîtra plus libre. et perdra toute autorité. Les départements refuseront de suivre rinipnlsion d'une ville qui ne respecte pas leurs élus; les factieux auront eu gain de cause : i*anarcbie sera victorieuse, et la nation déchirée. Aussi Condorcet qui a constamment, dans son journal, recommandé la conciliation et la concorde, croit-il nécessaire de tenter une démarche suprême, et, le 19 septembre, il présente à TAssemblée qui va se dissoudre, et fait voter par elle le texte d'une nouvelle adresse.

Cette adresse qui, en dépit de son intitulé ^ a été rédigée en vue des seuls Parisiens, a pour objet de dénoncer à Tindignation publique le complot formé contre la sîireté des membres de la Législative. Le dénoncer, c'est le déjouer, car ce projet criminel est l'œuvre des ennemis de la Ftévolution, des agents stipendiés de Coblentz, qui cherchent « à répandre la terreur dans les déparlements..., à arrêter la marche des députés »; qui veulent « diminuer le nombre des défenseurs de la Révolution, en la rendant (»dieuse, et eu isolant de sa cause les citoyens faibles et timides^». Le peuple est attaché à ses devoirs; il suffit de les lui rappeler pour que les intrigues des conspirateurs demeurent stérih»s, et c'est ce (|ue fait l'Assemblée. « Toute nation où le caractère de re[)résentanl n'est pas sacré, est nécessairement une action sans gouvernement et sans lois^. » Si, lorsque Faction des lois est trop lente, l'intervention directe du peuple, entraîné par des hommes passionnés, peut, dans les cas extrêmes, s'excuser, il n'en est |)lus de même d'une violence dirigée contre ceux qui représentenl la nation. « Toute vengeance populaire, toute punition même d'un ennemi publie (pii n'est pas revêtue des formes légales est un assassinat ; loin de servir la cause de la liberté, elle ne peut (jue lui iniirt' et ceux (|ui se livn'ut à ces excès trahissent cette cause en ennant la défendre ^ » Au lieu de se diviser, et

1. Atirc:isr au.i Franniis, (Kuvn»s, X, fl70. Cf. Chronique de Pan<, lî» septeinlu-e, ïiUU.

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