Ibid., 5«ô
d'afTaiblir la défense nationale par leurs dissensions, les citoyens doivent regarder aux frontières : Tunion et la paix intérieure peuvent seules assurer la défaite des envahisseurs.
Les craintes, que Condorcct exprimait le 19 août, ne furent pas justifiées ; la Législative se sépara sans accident, mais la réunion de la Convention nationale ne modifia point sensiblement la situation. Les électeurs des départements avaient renouvelé les pouvoirs de nombreux membres de TAssemblée précédente, qui gardaient au cœur leur ressentiment et leurs craintes. Gondorcet avait espéré que la Convention, franchement républicaine et patriote, pourrait délibérer en paix, s'abstenir de toute discussion vaine, et prendre vite une décision, devant laquelle la France entière s'inclinerait avec confiance et respect ; et la composition de la nouvelle Assemblée faisait présager de nouvelles discordes; la lutte entre Paris et la Gironde va se poursuivre. Fidèle à ses antécédents, à ses convictions, Condorcet, élu par le département de l'Aisne, s'eiïorccra constamment de les réconcilier, jusqu'au jour où le triomphe de la Montagne fera de lui un proscrit.