‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 40 sur 520 · Q\oh, Musée, 11; Bachaumont, XXXIIJ · texte numérisé non relu

Q\oh, Musée, 11; Bachaumont, XXXIIJ

l'affaire des roués 2!

attirer de graves désagréments ; ses adversaires, exaspérés, cherchèrent d'abord à Tintimider, puis à le faire exclure de l'Académie. Ils étaient puissants ; et Gondorcet n'avait point d'appui. Heureusement pour lui, Louis XVI étouffa la querelle, en renvoyant les roués devant le Conseil, qui cassa la procédure, et en ordonnant le silence autour de cette affaire ^

Défenseur des opprimés, Gondorcet a été naturellement amené à soutenir la cause des malheureux, persécutés à cause de leur religion ou de leur race ; il a revendiqué pour les protestants une condition meilleure ; il a montré, sous le nom du D'' Schwartz, toute l'infamie de l'esclavage*. 11 fit plus. Convaincu de l'insuffisance de l'action individuelle, il a favorisé de tout son pouvoir les groupements philanthropiques et réformistes'. C'est ainsi qu'il fut, sinon le fondateur, du moins le chef de la fameuse Société des Amis des Noirs ^, Mais il n'estime pas suffisant de travailler à la réhabilitation de quelques malheureux, de dénoncer quelques abus particulièrement criants. Ce qu'il poursuit, c'est le bonheur de l'humanité entière ; et, pour obtenir ce miracle, il suffit de justes lois. Le citoyen vertueux, dit Condorcet, a réfléchissant sur la nature humaine,... voit que, pour s'assurer le bonheur, autant du moins que le bonheur peut appartenir à des êtres sensibles et périssables, il suffirait aux hommes de le vouloir, puisque leurs plus grands malheurs naissent d'une foule de vices et de préjugés qui ne sont pas Touvrage de la nature. Il s'élève à la source de ces malheurs, il voit que, pour les réparer, il ne faudrait qu'éclairer les peuples sur leurs vrais intérêts, et qu'un petit nombre de vérités simples établirait le bonheur humain sur une base inébranlable^. »

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