Chronique de Paris, 30 septembre
440 LA POLITIOr'E EXTÉRIEURE
(le septembre, a quelques jours de distance, deux mémoires assez étendus, et fort intéressants Tun et l'autre . Le premier, et de beaucoup le plus remarquable est l'adresse intitulée « La. République française aux hommes libres^ ». Elle est écrite d^une plume infiniment plus violente et plus âpre que les précédentes (iMivres du philosophe ; elle est remplie de déclamations antiroyalistes ; mais la France républicaine ne pouvait prononcer Téloge (les rois. Malgré son style véhément, et ses apostrophes indi- «i;nées, le manifeste de Condorcet est essentiellement rassurant et pacifique. Il déclare que la France ne veut point s'immiscer dans les affaires intérieures des autres nations, qu'elle ne souhaite de conquérir aucun territoire, et qu'elle respectera tout état qui reconnaîtra sa forme de gouvernement, et ne cherchera point à démembrer son territoire. Elle ne considère même point le roi de Prusse comme son véritable ennemi, elle espère toujours qu'il reviendra à une plus juste compréhension de ses intérêts, qu'il rompra une alliance paradoxale et funeste. Elle n'a en face d'elle qu'un seul adversaire, les Habsbourg. Entre elle et l'Autriche, la lutte est séculaire et durera jusqu'au triomphe de la liberté. La France n'a de haine pour aucun autre état. Si les puissances répondent à ses protestations généreuses et dignes par des actes malveillants, si, rompant avec la tradition historique, elles prétendent, ou lui imposer un gouvernement de leur choix, ou la mutiler, elle acceptera une guerre qu'elle n'a point désirée elle trouvera dans le patriotisme de ses citoyens les moyens de résister victorieusement à ses ennemis, et de sauver sa liberté.
En rédigeant cet ultimatum très net, Condorcet avait peut-être vGcw les conseils, et admis la collaboration de Danton. Les égards (jue le ministre des affaires étrangères, Lebrun, ami intime de Danton, eut pour son second opuscule, la Lettre à 3/..., magistrat de la ville de... en Suisse, le soin et la liîUe avec laquelle les agents diplomatiques répandirent partout celte brochure, montrent bien, selon nous, que Condorcet n'agissait point seulement comme homme privé, mais que ses pamphlets étaient rédigés avec l'approbation, et les encouragements du conseil exécutif.
La Suisse presque tout entière, et surtout les cantons forestiers