‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 406 sur 520 · Lettre à Af..., Œuvres, XII · texte numérisé non relu

Lettre à Af..., Œuvres, XII

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pansion des principes français et la réforme fatale de leur constitution. Il se peut, en effet, que les citoyens, connaissant plus distinctement leurs droits, veuillent apporter quelques changements à l'antique statut ; mais ces changements s'accompliront toujours, toi ou tard ; ils seront légers, ils s'opéreront dans une paix parfaite, si on les consent sans délai : aucune noblesse, aucun clergé organisé n'existent en Suisse, qui pourraient les troubler. L'Empereur serait prêt à abandonner à Berne des territoires nouveaux, Ncufchàtel par exemple? Mais une fois que la France sera vaincue, aucun peuple pourra-t-il rester libre? et qu'importe une rectification avantageuse de frontières, si elle doit être payée de la sujétion et de Tesclavage. Les contemporains^ de Guillaume ïoll ont su conquérir leur indépendance; séduits par des promesses fallacieuses, ses descendants consentiront-ils à la perle de cette indépendance. La liberté les a rendus riches, puissants et célèbres: accepteront-ils de végéter à nouveau dans l'état de servitude? Non, la logi<|ue, le devoir, Tintérét, tout concorde à conseiller le retour à la politique traditionnelle, d'alliance avec la France, de gueiTC avec l'Autriche.

Le 24 septembre, Lebrun expédiait cette lettre à ses agents ; il écrivait à Barthélémy : « Je joins ici plusieurs exemplaires d'une lettre de Condorcet relative à la Suisse, que je vous prie de distribuer aux personnes de votre connaissance. Je vous serai obligé de me marquer refFet qu'elle aura produit*. »

Et il donnait des instructions analogues à Maulde, son agent à la Haye. Les réponses (|ui lui parvinrent ne durent point satisfaire Condorcet. Sans doute Maulde la jugea si parfaite qu'il la fit traduire en hollandais et répandre à mille exemplaires''. Mais Barthélémy ne jugea pas comme son collègue : il accueillit avec déférence, mais avec scepticisme les instructions du ministre; il pensait (|u'en roccurrence le silence était la meilleure des adresses. « Les soins que nous |)rendrions se tourneraient contre nous, écrivait-il. Cependant je ne néglige pas, Monsieur, de faire parvenir à différentes personnes la lettre de M. de Condorcet ainsi que l'extrait du procès-verbal de la première séance de la

1. Arch. des aff. éir. Corresp. pol., Suisse, t. 429, f" 445 r".

2. Avch. aff, élr. Corresp. pol., Hollande^ t. r)84, r*173 r* (1*' novembre).

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