‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 411 sur 520 · LA POLITIQUE INTERIEURE · texte numérisé non relu

LA POLITIQUE INTERIEURE

I. — Si Condorcet est à peu près d'accord, vers novembre 1792, avec ses anciens amis sur les questions de politique étrangère, il n'en est pas de même dans les questions de politique intérieure; Tami de Brissot va se transformer en un admirateur presque passionné de Danton. Tandis que les Girondins multiplieront les accusations et les reproches, Condorcet, fidèle à ses convictions, s'elforcora de calmer les esprits et de réconcilier, par des concessions réciproques, Paris et les départements.

Déjà, avant la réunion de la Convention, il avait préconisé l'union entre les citoyens en une brochure*, 'qui était une profession de foi électorale. Au temps de la royauté, quand la nation, menacée de toutes parts, voyait le pouvoir exécutif entre les mains de ses ennemis, la défiance était naturelle et justifiée; mais après la chute de Louis XYI et la convocation d'une Convention, pour- (luoi les soupçons persisteraient-ils? Les électeurs ne peuvent douter du patriotisme des représentants qu'ils vont élire; ceux-ci n'auront plus de raison de traiter en suspects les ministres. Si quelque acte des agents de Texécutif méritait d'être blâmé, c'est à l'Assemblée souveraine qu'il appartient d'examiner et de sé\ir ; et si les citoyens ont à se plaindre de quelque abus, à faire valoir (|uelque grief, c'est encore à elle qu'ils doivent s'adresser. Ainsi tous les pouvoirs constitués émanant du peuple, et présentant toutes les garanties nécessaires de civisme, rien ne s^oppose à leur harmonie et à la constitution d'un gouvernement fort.

1. Ihid., n*' (les 30 oclobre, p. 1213; 6 novembre, p. 1242; 2 décembre. p. i:r»5; 16 décembre, p. 1401-1402.

Page 1