‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 413 sur 520 · C.VHEN · texte numérisé non relu

C.VHEN

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plir un grand acte de courage; ils croient, dès le premier jour, que leur vie est menacée ; ils proposeront, dès le début, des mesures de sûreté, qui sont en même temps des mesures de défiance vis-à-vis de la capitale ; ils profiteront de ce que le péril extérieur est moins grand pour laisser libre cours à leurs colères et à leurs rancunes. D'autre part Condorcet éprouve une grande admiration pour Danton, qu'il n'a jamais, et cela est étrange, confondu avec les septembriseurs ; il approuve sa politique, a confiance dans sa loyauté, prise fort ses talents ; il le regarde comme Thomme nécessaire, celui qui peut et qui peut seul, contenir les fauteurs de désordre, et réaliser Tunion de Paris et de la France : « Son talent, écrit-il, le 22 septembre *, sa réputation, sa popularité, et, s'il faut le dire, les soupçons mêmes répandus contre lui, soupçons accrédités par les louanges que certains hommes s'obstinaient à lui donner, tout devait exciter Tintérèt et la curiosité... Les bons citoyens ont reconnu alors (après son discours) qu'ils avaient été trompés. » Le 25 septembre, il félicite le ministre de la justice d'avoir donné sa démission, pour ne pas cumuler deux mandats distincts, et rappelle combien Lafayette, tivec plus de raison de ne montrer modeste*, avait agi différemment. Les (iîrondins, du moins la plupart d'entre eux, abhorrent au contraire Danton. M""* Roland les a animés de son ressentiment implacable et passionné ; elle ne peut pardonner au collègue de son mari ces massacres de septembre qui ont souillé son idéal et déshonoré un gouvernement dont elle était TÉgérie *. 11. — Ainsi dès l'ouverture de la Convention, Condorcet n'est plus en parfaite communauté de sentiments et de tendances avec ses anciens amis, et la divergence de vues qui les sépare s'accentue de jour en jour davantage. Tandis que les Girondins font entendre des dénonciations de plus en plus véhémentes, Condorcet s'attache de plus en plus à la politique de conciliation et d'entente cordiale. Il ne monte point, il est vrai, à la tribune pour défendre ses idées, et exhorter ses collègues au calme et à la concorde. Sa santé de plus en plus précaire *, sa voix qui faiblit

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