‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 418 sur 520 · LA GIRONDE ET ROLAND · texte numérisé non relu

LA GIRONDE ET ROLAND

dins ont eu le double tort de porter contre leurs adversaires des accusations tout aussi peu sérieuses et( surtout d'avoir été les agresseurs : aussi est-ce surtout envers eui, que Gondorcet se montre sévère. Dès le 27 septembre, il blâme Barbaroux d'avoir accusé Robespierre et proposé la réunion des députés suppléants, et constate que le député marseillais a a moins consulté ce qu'exigent les circonstances que son amour de la chose publique*». Le 22 octobre, il trouve de même inopportune et impolitique la dénonciation dont Marat est Tobjet*. Pourquoi s'occuper de cet homme « jugé trop vil par tous les membres de l'Assemblée pour trouver parmi eux un seul défenseur^ »? Le 29 octobre, Louvet accuse à nouveau Robespierre, et Gondorcet écrit le surlendemain : « On ne dira rien aujourd'hui de ce discours, sinon qu'il a paru préparé de manière à laisser des impressions malheureusement trop durables dans l'esprit d'un grand nombre d'auditeurs, et à faire déplorer aux autres les funestes effets des passions particulières. Ce nesl pas du tout cela dont la chose publique a besoin *. » Robespierre ne lui semble point avoir, dans son discours du 5 novembre, réfuté toutes les accusations énoncées par ses adversaires ; mais il s'est du moins disculpé de la plus grave d'entre elles ; il a prouvé péremptoirement qu'il n'aspirait pas à la dictature, et plusieurs morceaux de son plaidoyer ont été applaudis avec justice*. Et Gondorcet termine son compte rendu en demandant encore aux députés de mettre fin à des querelles qui nuisent en Europe et en France à l'autorité dont la Gonven tion a besoin pour affermir, pour sauver la République.

G'est surtout à l'égard de Roland, que Gondorcet se montre sévère. Il n'a visiblement aucune admiration, ni pour les talents du ministre, ni pour ceux de M"*" Roland. Il rejette sur tous deux la responsabilité de l'attitude impolitique et néfaste des Girondins ; il s'exprime sur leur compte avec une véritable dureté, rendue encore plus frappante par le souvenir des éloges que la Chronique prodiguait naguère au ministre disgracié du 6 juin.

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