Ibid.^ 6 novembre, p
456 LA POLITIQUE INTÉRIKl'RE
Déjà Tarticle du 1*' octobre est plein de réserves et trahit rembarras. Roland venait de déclarer que, devant le vœu de la Convention, il prenait le parti de rester au pouvoir. Condorcet le blâme, non d'ctre demeuré au Conseil exécutif, car sa liberté était entière, mais d'avoir allégué, pour justifier sa décision, un ordre de la Convention, lequel n'existait point. 11 déplore aussi que Roland ait été applaudi : « La Convention, écrit-il, devrait s'abstenir à Fcgard des ministres de manifestations d'enthousiasme » et veiller à n'en point faire des chefs de parti *. Le 29 octobre, son animosité apparaît plus nettement encore : Roland venait de lire un grand rapport sur la situation de Paris, qui était un réquisitoire véhément contre la Commune. Condorcet critique dune plume acerbe le mémoire du ministre, a Le rapport de M. Roland, dit-il, semblait avoir pris assez de temps à l'Assemblée. On aurait pu s'apercevoir qu'il avait assez envenimé des plaies que les préventions, les haines, les craintes ont laissées après la journée du 10 août^. » II ajoute que le préambule est trop long, que l'auteur s'est préoccupé d'obtenir des elVets de rhétorique, qu'il a cru devoir « dénoncer des complots qui, s'ils existaient réellement, feraient désespérer de l'établissement des lois »^; mais qui, heureusement, paraissent dénués de vérité. Le 21 novembre, nouveaux reproches. Condorcet blàme Roland de n'avoir pas signalé à rAssemblée l'existence de la cache, où étaient dissimulés les papiers secrets de Louis XVI*.
IV. — L'on pourrait prolonger ces citations: les textes produits suffisent à démontrer que Condorcet durant les mois d'octobre, de novembre, et de décembre, a regretté l'attitude des Girondins ; qu'il a hlàmé leur poHtiquo dans son journal, et s'est séparé d'eux. Les contemporains ne s'y sont pas trompés. Dès le début d'octobre, Condorcet n'est plus considéré, ni par les Montagnards comme un de leurs adversaires, ni par les Girondins comme un de leurs adhérents. Le 12 octobre, Thuriol se plaint d'avoir été diffamé dans la Chronique, et il attaque violemment Brissot et Condorcet '* ; Anthoine l'approuve : mais Chabot, celui-là