Chronique de Pariv, 7 novembre, p
3, Opinion aur le jugement^ 302.
l'appel au peuple 463
le 15 décembre ^ Gondorcet ne se fait plus d'illusions à ce sujet, et se résigne à l'inévitable. Mais à peine de Sèze a-t-il terminé son discours que les Girondins soulèvent une question préjudicielle d'une extrême gravité. Gondorcet avait revendiqué pour la Convention le droit de suspendre l'exécution du verdict rendu par le jury ; Salles et après lui Vergniaud réclament pour la nation souveraine le droit de grâce, de sursis, et même de cassation ; ils demandent que Louis XYI ait le droit d'appeler de la sentence de ses premiers juges à la justice du peuple. Les Gonventionnels, en très grande majorité, étaient d'accord pour rendre un arrêt de culpabilité sans réserves ; le débat sur l'appel au peuple les dresse les uns en face des autres en deux camps passionnément hostiles ; les querelles intestines éclatent plus vives que par le passé. Dans cette sorte de duel, Gondorcet ne prend point une part active, mais il se range de toute évidence du côté de la Montagne. Dès le 28 décembre, il écrit que la proposition de Salles menace « de ranimer les factions par une fausse mesure, de diviser la France en partis, et bientôt d*opérer le morcellement de la République par de nouveaux germes de discussions et de critiques ^ ». Il loue le discours que Robespierre prononce le 28 décembre contre l'appel au peuple, discours a souvent animé par les traits d'une véritable éloquence... et qui a eu l'air surtout d'être dicté par le sentiment d'une àme profondément émue par les malheurs de la patrie et en proie à de tristes impressions '. »
Ces textes permettaient de prévoir les votes que Gondorcet allait émettre sur le sort du roi. A la première question : Louis est-il coupable de conspiration contre la liberté publique et d'attentat contre la sûreté générale de l'État ? Gondorcet répondit par l'affirmative, avec presque tous ses collègues ^ A la seconde : le jugement de la Convention nationale contre Louis Capet sera-t-il soumis à la ratification du peuple? par la négative, en se séparant de ses anciens amis '\ 11 restait à fîxer la peine qui serait
1. Chronique de PariSy 15 décembre, p. 1397. « La postérité pourra pardonner à rtimpire, k la difticullé des circonslances un jugement t^u'il serait peu politique de rendre moins sévère que celui que l'opinion politique parait prononcer d'avance contre Louis XVI. »
2. Chronique de Paris, 28 décembre, p. 1150. '6. Ibid., 29 décembre, p. 1454.