‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 429 sur 520 · Ibid · texte numérisé non relu

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Cahen. 30

soutint Danton, comme il avait tour à tour soutenu Mirabeau et Brissot. Malheureusement son action personnelle ne correspondit point à la noblesse de ses vues et à la hauteur de son talent ; fatigué, il n'a pas une voix assez forte pour dominer le tumulte; sa parole traînante et froide, son débit incertain ne peuvent séduire ni convaincre une Assemblée à la tribune de laquelle se succèdent Yergniaud, Isnard, Guadet, Robespierre et Danton, sans parler de Marat. Il resta donc isolé, et ce fut un grand malheur pour la Convention et pour lui-même ; une éloquence plus entraînante lui eût peut-être permis d apaiser certaines querelles, et surtout, il eût, en exprimant hautement ses opinions politiques, montré à la Montagne que, sur les questions essentielles, il marchait d'accord avec elle, et la constitution qu'il élaborait n'eût point été taxée dès l'abord de girondine et de contre-révolutionnaire.

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