CHAPITRE II
I. — Les neuf membres du comité de constitution* furent élus le 11 octobre par la Convention. Le scrutin désigna successivement : Siéyès, Pétion, Vergniaud, Paine, Brissot, Gensonné, Barère, Danton, Condorcet. Les cinq suppléants furent Barbaroux, Hérault, Fauchet, Lavicomterie et Lanthenas. La majorité des commissaires appartenait à la Gironde, qui avait fait passer à côté de quatre de ses chefs, un vieil ami de Brissot, Paine. La Montagne ne comptait dans le comité que deux hommes à elle, Barère et Danton. Robespierre, contre son vif espoir, n'avait pas été nommé, et Durand de Maillane assure qu'il garda, de son échec, et du mépris qu'on avait fait de lui, un ressentiment profond et passionné *. Siéyès et Condorcet ne pouvaient être revendiqués par aucun parti : sous la Législative, le premier s'était tu ; il s'était abstenu de toute action politique, et il était impossible de savoir, au moment où il arriva à la Convention, sa pensée précise sur les événements récents, et les problèmes de l'avenir. Mais son silence et sa retraite n'avaient point afTaibli son prestige .d'antan ; au contraire, les attaques, que les Jacobins
1. Les papiers du comilé de conslitution sonl actuellement perdus. Nous n'avons trouvé dans les documents de Tlnstitut qu'un Tragment de rapport préliminaire, écrit par Condorcet. Barère aurait-il détruit ces documents en même temps que l'Adresse au peuple anglais, dont il sera question plus tard ? C'est possible, mais non certain. Il n'est pas besoin de dire combien cette disparition des papiers du comité est fâcheuse pour l'historien.