‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 459 sur 520 · Ibid. y 241 (2 mars · texte numérisé non relu

Ibid. y 241 (2 mars

LÉS QlTERELLKS INTESTINES 409

doivent se précipiter pour opposer aux despotes de FEurope une barrière inexpugnable et un front terrible et menaçant. Le zèle de quelques départements a pu être égaré un moment ; on a pu les tromper sur la véritable^ situation de Paris, on a pu les provoquer à y conduire une force armée ; mais aujourd'hui que les inconvénients et l'inutilité de cette force sont démontrés aux yeux mêmes de ceux qui la désiraient, il faut que les hommes qui par rinfluence que leur donnent dans les départements ou leurs fonctions ou la confiance du peuple dirigent le patriotisme et le courage des Français vers les seuls lieux où ils peuvent être efficacement utiles*. » Et, le 6 mars, revenant sur le même sujet, il disait: « On a proposé à la Convention de décréter que les fédérés qui se trouvent à Paris marcheraient aux frontières, et les vrais républicains ont vu avec douleur se manifester dans cette discussion des haines personnelles, des luttes de parti, des combats d'amourpropre qui devraient enfin disparaître^. » 11 demandait à ses collègues de cesser leurs querelles. H s'agit de la Patrie, et non de la Convention : si celle-ci a fait des fautes, celle-là n'en doit pas souffrir. Il n'a de haine que pour les fauteurs de calomnie et de suspicion, les assassins, les brigands, Marat et Robespierre ; il convie tous les amis de la liberté à se grouper autour de Danton^, à se réunir pour former un grand parti national.

Le programme de ce parti est nettement déterminé par les circonstances : le premier de ses articles est le vote rapide d'une constitution républicaine ; Condorcct insiste dans le numéro de mars de la Chronique du mois « sur la nécessité d'établir en France une constitution nouvelle ^ ». Une situation révolutionnaire est par essence grosse d'incertitude et d'alarmes. « Sans quelque fixité dans les lois, il ne peut y avoir ni égalité, ni liberté, ni prospérité publique". » « Sans une constitution, un peuple flotte nécessairement entre la tyrannie et l'îinarchie ; il reste dans l'anarchie s'il n'accorde à personne la confiance qu'il ne peut donner à la loi ; il tombe dans la tyrannie, si, dans un moment de lassitude,

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