‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 463 sur 520 · DANS L ATTENTE · texte numérisé non relu

DANS L ATTENTE

quent les étrangers nous croient à la veille d'une révolution qui peut ramener une royauté plus ou moins absolue, la placer sous telle ou telle main. 11 en résulte que nos ennemis veulent continuer à nous faire la guerre, et qu'on ne songe pas beaucoup, ceux-ci à négocier pour la paix, ni les autres à se lier avec nous. » De plus, le conseil exécutif étant soumis au Corps législatif, « les puissances étrangères ne doivent regarder comme pouvant servir de base à des combinaisons un peu durables que ce qui, ayant été adopté par une assemblée nationale, doit naturellement être respecté par les assemblées suivantes ». Sans doute il ne faut pas s'exagérer les inconvénients de cet étal de choses; la paix, les alliances même, pour être plus difficiles, ne sont pas impossibles, et le monde entier sait bien que la France, après avoir déposé les armes, ne se souciera pas de longtemps de les reprendre.

« Mais, s'il n'y a pas d'obstacles dans la nature de notre constitution ni aux alliances ni à la paix, il peut y en avoir dans l'étM actuel de la Convention nationale : 1° Le parti antifrançais dans les nations étrangères y a répandu et propagé l'opinion que Marat, Robespierre sont les maîtres de la Convention et de la France. L'importance que nous attachons à ces hommes très connus et très méprisés nous avilit... 2" Le tumulte de la Convention, ses résolutions précipitées, la lenteur avec laquelle elle suit les travaux les plus importants, l'indécence ou la faiblesse de ses discussions, le silence des seuls hommes que les étrangers connaissent ou estiment, la manière dont on accueille ceux qui essayent de parler, les plaintes auxquelles on les force par Texcès de la calomnie, ces causes réunies éloignent de nous la conlîanee. 3" Nous avons fait des fautes et des démarches hardies; ni les unes ni les autres n'ont été couvertes ou justidées par des développements raisonnes de leurs motifs. On aurait pu le faire tantôt par des opinions présentées à la Iribune, tantôt par des ouvrages faits au nom de l'Assemblée. Au contraire, il n'est presque rien sorti d'elle qui n'aggravât le mal, tantôt par des exagérations ridicules et révoltantes, tantôt par la satire de ses propres opérations. J'en donnerai pour exemple le jugement du roi. Pour tout homme qui lira dans cent ans ou dans quelques années, à deux cents lieues de la France, le recueil des pièces du procès, il sera évident qu'il a été fait avec beaucoup d'impartialité, d'esprit de

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