‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 466 sur 520 · A py en 'lice n · texte numérisé non relu

A py en 'lice n

2. l/«nivraj;<^ a «'lo publié d.ins les (Kiivrcs, XII, 5G9-580.

3. Ce ffue le^ citoyens ont droit d'attendre de leurs représentants, <Kiivre>, XII. rii3. .Nous ignoruns e«ur la foi de quel texte Arago a daté cet êcrtl du lu aMil.

lÊ bEVOlR DÉ LA CONVENTION S09

réformes législatives et sociales les plus importantes. C'est en montrant « du zèle pour le bien public dans ses travaux législatifs qu'elle méritera de voir la même estime la suivre et la soutenir dans ces résolutions rigoureuses que la nécessité peut exiger d'elle*. » La Convention a encore une œuvre double à remplir : elle a d'abord commis des fautes qu'il s'agit de réparer. Elle a cru que l'état de révolution, qui est celui de la France, ne comporte point de règles générales et précises, et c'est pourquoi elle a le plus souvent agi au hasard, d'après une décision arbitraire. C'était là une erreur. « Il y a des principes de justice applicables aux lois de la guerre *. » Il faut donc reviser les décrets incohérents rendus jusqu'alors, et, sans atténuer leur rigueur nécessaire, accroître leur efficacité. Lorsque la responsabilité des fonctionnaires sera organisée avec précision, que leurs actes seront étroitement surveillés, l'inquiétude populaire s'atténuera, et le flot de dénonciations qui submerge les pouvoirs publics se tarira soudain, la folie du soupçon s'évanouira tout d'un coup. Si l'on prend soin de veiller sur la situation budgétaire, si Ton prend les moyens énergiques et sévères, mais équitables, commandés par l'état des finances publiques, si l'on donne à l'armée une puissante artillerie, le trouble général s'amortira bientôt.

Mais la mesure la plus urgente est le vote d'une constitution républicaine. Ce vote dissipera les méfiances des déparlements qui redoutent la dictature de Paris, les espoirs des ennemis de la Révolution, fortifiera le pouvoir centrcil, et facilitera la paix. La constitution, tel est le vœu du peuple, et là git le secret du salut public.

L KCIIFX: DU PROJET

I. — Au moment où Condorcet écrivait ces lignes, la Convention allait, déférant à son vœu, aborder la discussion de l'acte constitutionnel. Le comité de constitution avait déposé son pro-

1. Ce que les citoyens ont droit d' al tendre. Œuvres, Xfï, 558.

î)10 l'échec bu HhOJEt

jet le 15 février : TAssemblée avait décrété qu'elle attendrait deux mois pour statuer, afin de permettre à tous les intéressés de produire utilement et leurs critiques et leurs contre-propositions. Le délai expirait le 16 avril; le 17, la délibération commença : Le comité de constitution reprenait vie légale; il s'agissait pour lui de défendre son œuvre.

La tâche était ingrate : le projet de Condorcet, depuis sa publication, n'avait cessé d'être battu en brèche. Si Condoreet était monté le 15 février à la tribune au milieu d^une curiosité sympathique et impatiente, il avait vu peu à peu cette curiosité se changer en déception et en froideur ; il notait avec une certaine mélancolie dans sa Chronique ce revirement d*opinion : « Il (le plan), écrivait-il, est écouté sans .enthousiasme, c'est une raison de penser qu'il sera discuté avec le calme de la raison qui convient à une matière d'une aussi haute importance'. » Les autres journaux n'imitent ni son impartialité ni sa discrétion. Le Thermomètre, qui fait d'ailleurs l'éloge de l'œuvre et de l'auteur, contient cependant quelques appréciations embarrassées et avoue (|ue plusieurs parties ont semblé compliquées*. Si le Patriote fr/inçais, organe do Brissot,si la Feuille villageoise célèbrent les beautés du régime nouveau auquel la France va être soumise, d'autres journaux aussi importants, le Journal des hommes da 1^1 juillet^ le Courrier de V Egalité^ se montrent plus violents. Dans l'Assemblée même, beaucoup de députés hostiles à Condoreet ne cachent point leur joie du mauvais accueil fait à son travail : v (le projet, écrit Coupé à ses conunettants, le 19 février, a été entendu avec un silence morne, et il a fallu du courage pour le lire jusqu'au bout. La faction qui l'a conçu, déconcertée de celte iin|)r(»l)ation générale, aurait désiré que l'on n'imprimAt pas le tout ; mais nous avons insisté pour que l'on imprimât en entier ce qui avait été lu... L'expression de l'improbation générale qui éclata aussitôt <|u'on l'eût entendu fut d'en demander un autre'. » (c Vous n'avez [)lus le droit de me reprendre pour mes reproches de courage envers notre collègue Gond..,» écrit de son coté Bourdon de Toise, à la même date, « car il vient de s'afficher pour cocu

i. rhrouiqufde Paris, 1793, I, 189.

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