‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 467 sur 520 · Coupé, Lellre à ses commettants, 19 février · texte numérisé non relu

Coupé, Lellre à ses commettants, 19 février

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(le la manière la plus nuisible à la République. Tout le monde a reconnu cette constitution pour être fille de la détestable et astucieuse Gironde*. »

Le projet de Condorcct fut donc froidement accueilli par la Convention, et Robespierre et Marat s'empressèrent de mettre à profit la circonstance. Ils ne voulaient point laisser à leurs adversaires l'honneur de rédiger la future constitution de la France ; peut-être même ne voulaient-ils pas que la République retournât de suite à un régime normal et trouvaient-ils que le gouvernement révolutionnaire était le mieux approprié à la situation troublée des affaires et au moment dune guerre générale. A ces considérations s'ajoutait aussi chez eux le désir de discréditer un homme qu'ils détestaient*. Ils furent les chefs, et les Jacobins, où ils dominaient, furent le siège du mouvement d'opposition contre le comité. Dès le 17, Anthoine, Couthon, Thuriot dénoncent, avec plus ou moins de violence, Tœuvre de Condorcet à l'indignation de leurs collègues*'. Et le 18, les Jacobins décident que leur comité de constitution, renforcé de nouveaux membres, se mettra sans tarder au travail, et présentera sous 15 jours un texte qui, après discussion, sera imprimé, distribué et soutenu devant la Convention*.

Ils avaient deux mois devant eux pour agir et ils surent les bien employer. Ils cherchèrent à exciter l'opinion contre le projet conventionnel, en lui attribuant faussement les défauts les plus odieux, en rééditant contre lui les accusations qu'ils avaient déjà portées en 1791 contre Siéyès et Condorcet. Ils reprochaient à ce dernier d'avoir préconisé la division du Corps législatif en deux chambres, et préparé perfidement l'établissement d'une République fédérative. Un incident lui vint en aide : l'imprimeur

1. Dans Charavay, Calalogue d'une importante collection (1862), p. 196, n* 293 (i*). Cf. Adresse au peuple français par les Défenseurs de la République.

2. Robespierre avait déclaré le 12 décembre que la Chronique était le plus pernicieux des journaux, Aulard, JacobinSy IV, 577. Quant à Marat, après avoir épargné un moment Condorcet, il avait, à paiH,ir de décembre, recommencé à l'attaquer, et le compte rendu qu'il fit de la constitution proposée dans son journal est empreint d'une malveillance extrême à l'égard de l'auteur.

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