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de la Convention avait joint au projet du comité le texte de deux autres propositions relatives à la formation de la loi : Tune d*entre elles concluait à ce que TAssemblée avant de prendre aucune résolution se partageât en 2 bureaux. On était loin du système bi-camériste ; mais la confusion en des matières aussi délicates était facile, et les Jacobins saisirent habilement ce prétexte pour dénoncer aux patriotes les méfaits du comité de constitution. La trahison de Dumouriez et la perte de la Belgique les servirent étrangement. Condorcet, qui n'était point Girondin, fut compté comme tel, et son œuvre qui était celle d'un homme ou d'un comité fort disparate, parut celle d'un parti discrédité et avili. Aussi, lorsqu'au début d'avril la Convention, désireuse d'aborder la discussion de la question constitutionnelle, arrêta que le moment était venu de dépouiller les propositions émanées de l'initiative individuelle, chargea-t-elle un nouveau comité de procéder à ce travail et de diriger ces délibérations. Ce vote irapliciuait de la déiiance à l'égard de l'ancien comité, et sa signification fut d'autant plus grande et |dus nette que Condorcet ne figura pas parmi les élus : c'était, de toute évidence, en la personne de l'auteur Ta^uvre même que l'Assemblée voulait frapper.
II. — Ainsi, lorsque le débat sur la constitution s'ouvrit le 17 avril, personne ne pouvait garder grande illusion sur son issue. Condorcet, condamné dès longtemps au silence, dut assister, impuissant et muet à la critique, puis à l'échec de son projet.
La discussion dura près de six semaines, souvent interrompue par des incidents violents, la mise en délibération d'autres questions, coupée par les divers épisodes de la lutte entre Marat et la (iiroude. Fille est extrêmement confuse, incohérente, et nous n'entreprendrons point de la raconter en détail : la plupart des orateurs ont moins prétendu criti<|uer le système de l'ancien comité, qu'exposer le leur propre ; plusieurs des discours qui ont été prononcés ne constituent de plus que des manœuvres dilatoires, et il serait purril de s'attarder à leur analyse. Les Jacobins eurent pour tactique, en ce débat, de retarder le vote le plus possible; ils espéraient <|ue la Convention, devant la gravité des circonstances, abandonnerait son projet et renoncerait à décréter une constitution, dont l'application affaiblirait encore la résis-