‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 470 sur 520 · Cf. plus bas, chap. m, p · texte numérisé non relu

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L'article I de Condorcet, proclamant que la République française était une. et indivisible, lui semblait propre à servir ses desseins. Le vote de cette disposition prouverait à la capitale que les accusations de fédéralisme étaient de stupides calomnies, aux électeurs provinciaux que le régime révolutionnaire serait temporaire et n'aboutirait point à une tyrannie. Ce fut aux efforts de Danton que fut due Tadoption du préambule et du premier article de la constitution. La Convention eût peut-être dû s'en tenir momentanément à ce vote : elle s'y refusa. Mais elle ne continua point Texamen du projet de Condorcet. Cbangeant de méthode, elle chargea son comité des Six de dresser une liste des questions constitutionnelles capitales, dont chacime serait l'objet d'une discussion spéciale et approfondie. Elle déclarait par cela même l'œuvre du premier comité nulle et non avenue; elle reprenait les choses à leur principe, le travail de Condorcet n'avait servi à rien, m. — Ainsi tomba lamentablement, sans avoir eu même les honneurs d'un vote, le plan de constitution, à la rédaction duquel Condorcet s'était consacré, pendant 4 mois. On a dit souvent qu'il était inapplicable et chimérique, et l'auteur lui-même a convenu plus tard qu'il présentait certains défauts ; mais il était susceptible de corrections, et plusieurs de ses parties étaient tout à fait remarquables. 11 ne faut pas oublier, quand on le juge, (|ue les législateurs de l'an I ne pouvaient encore être éclairés par l'expérience, et qu'ils appréciaient les systèmes en présence d'après leurs mérites théoriques : ils faisaient un essai, et comptaient sur le temps pour leur montrer leurs erreurs. Ce que nul ne peut nier du moins, c'est le souffle démocratique qui anime toute cette œuvre, la noblesse des principes, la franchise des solutions. Et peut-être les défauts de l'œuvre sont-ils moins grands qu'ils ne le semblent. Le plébiscite de Condorcet n'a rien du plébiscite impérial ; le mode d'élection du Conseil exécutif, le référendum qu'il préconise ont été pratiqués, et avec succès par la Suisse ; pourquoi n'auraient-ils pas convenu à la France? Condorcet eut peutêtre le tort dé croire l'action de l'instruction rapide et omnipotente ; mais son grand malheur fut le despotisme de la Convention, l'avènement de l'Empire. Les excès de la Terreur, les coups d'État de Napoléon s'interposent entre notre jugement et le projet de constitution de 1793

tHAPITRE III

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