‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 476 sur 520 · Morlimer Ternaux, op. cit., VII · texte numérisé non relu

Morlimer Ternaux, op. cit., VII

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plus <|uo Hérault do Séohellos avait fait à son ouvrage de larges et discrets emprunts et que l'Asseml)lée avait accueilli avec faveur des idées (|u'elle avait naguère jugées inapplicables : incapable do garder le silence, il décida de porter sa plainte devant la P'rance entière, de dénoncer à la nation la parodie avec laquelle on prétendait la duper. 11 écrivit, sous le couvert de Tanon^inat, un Avis aux Français sur la nouvelle constitution^, qui fut secrètement imprimé et envoyé aux départements.

Condorcct trace d'abord un parallèle des conditions dans lesquelles les deux textes ont été élaborés : le premier est Tocuvre d'un coinité de 9 membres, dont plusieurs sont célèbres, quia travaillé plusieurs mois en pleine liberté ; Tautrcaétc rédigé à la liAte par cinq oomnnssaires, examiné en une seule séance parle comité de salut public, accepté sansdiscussion par une Assemblée qui n'est plus maîtresse de ses décisions. Les deux plans s^accordent sur un certain nombre de points ; mais ils présentent aussi de notables divergences qtii rendent le dernier fort inférieur au premier. La Convention a accepté une mauvaise définition des décrets et dos lois, une organisation vicieuse de la censure populaire sur les actes du Corps législatif. Les élections sont devenues plus compli<Iuoos ; le Conseil, porté à 24 membres, n'aura plus d'unité ni (ractivité ; avant reçu le droit de nommer les commissaires de la Trésorerie, los minisires peuvent prati(|uer la corruption, chercher à se créer des partisans, et obtenir un crédit dangereux. Le jury national a été supprimé, il ne reste donc plus aux citoyens de garantie contre Topprossion dos fonctionnaires. Les articles relatifs à la Justice no comportent plus le jury en matière civile.

Quobjuo dofocluetise que soit la constitution, on pourrait l'acco[)tor s'il était loisible do la réformer sans secousse, dès que Texporicnoo aurait révélé ses défauts ; mais le projet accepté rend la rélormo conslilutionnollo impossible. C'est au Corps législatif (|u'incombo lo soin de la préparer; il faut, pour qu'elle ait lieu, un v(oudo plus (le la moitié dos départements. Point de convention périodique, point d'évolution continue ; une série de crises, de

1. (Kiivres, XII, O.M()75. H fui (Mivoyé à Abbeville par de Vérité; il était anuiiyme, mais la lellre de Vérité Tallribuait à Condorcet, et celui-ci 8*en avoua rauleiii- dans la lettre qu'il écrivit à la Convention, après Ml proscription. (KMvro>. XII. 082.

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mouvements tumultueux, voilà ce que prépare à la France l'œuvre du comité de salut public ; et, dès lors, les bons citoyens se doivent à eux-mêmes, ils doivent à leur patrie de repousser loin d'eux la constitution monstrueuse qu'on prétend présenter à leur admiration.

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