‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 478 sur 520 · Moniteur, XVII · texte numérisé non relu

Moniteur, XVII

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ment réprouvé le système fédéraliste, fut dès lors classé définitivement parmi les Girondins, et les scrupules qui le défendaient encore contre la proscription, s'évanouirent tout d'un coup. Isolé, Condorcet était perdu. Un homme qui le haïssait, et Tavait déjà dénoncé aux Jacobins en avril 1792, Chabot, le comprit, et agit en conséquence. Le 8 juillet, au nom du comité de sûreté générale, il attire la sévérité de la Convention sur la Lettre aux citoyens français et obtient un décret d'accusation.

II. — Le comité ne perdit pas un instant pour faire exécuter le décret de la Convention ; il chargea son commis Soulet de se rendre immédiatement chez le proscrit et de l'arrêter >. Accompagné de Curt, commissaire de la section-, Soulet se transporta au n*' 505 de la rue de Lille ^. Le portier interrogé, répondit que son locataire ne se trouvait point à Paris, mais à Auteuil où il possédait une maison de campagne. Les deux agents durent donc, après avoir opéré une perquisition, se borner à mettre « les scellés sur son appartement et sur celui de son secrétaire*. »

Le comité expédia aussitôt à Auteuil un autre commissaire, Blanchard. « En conséquence ledit Blanchard s'est transporté chez le citoyen Gillet, officier municipal et chez le citoyen Devaux, procureur de la commune dudit Auteuil, et leur a exhibé le décret et ordre, duquel lecture faite par nous GiUet et Devaux, et déférant à la réquisition à nous faite par ledit c. Blanchard, nous nous sommes transportés, assistés du c. Rouvaux, secrétaire-greffier de cette commune, en la compagnie dudit c. Blanchard, en la demeure dudit citoyen Condorcet, sise à Auteuil, maison du c. Duval, n° 2, où, étant montés à un appartement au premier étage

i. Arrh, Nul. F 7/U43, n» 29 (2 exemplaires), F 7/4652. L'arrèlé, daté du 8 juillet 1793, an II, est signé Droiict, Chabot, Pinel aine, Ingrand.

"2. Fontaine de Grenelle.

3. ou de risle. On trouve aussi 99, rue de Hourbon. La maison de Condorcet faisait le coin de la rue de Bellechasse.

i. Arch. Nal. F 7/4U3, n" 29 (c'est une copie). Le 9 juillet, le comité donna l'ordre de transporter dans l'appartement de Condorcet tous les papiers qui se trouvaient chez Cardot, et de lever les scellés apposés sur la porte du logement de celui-ci {Arch. Nat. F 7/4652 et 4443, n** 29). Les scellés furent levés à deux reprises, le 18 messidor an II, à la des requête de Mollard, membre de la Commission des Arts, pour recherchej mémoires, dessins et modèles, concernant la machine de Marly, et le 8 nivôse an H, sur la demande du citoyen/ Grouchy, qui désirait rentrer en possession de quelques papiers de famille, confiés à Condorcet (Arch. Nat. F 7/4652).

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