Éloge de Franklin, Q'luvres, III
3. Discours sur la République, Œuvres, XII, 235 ; Sur Vinslitution d%n conseil électif. Œuvres, XII, 264.
4. Institut, Mss. N. S. 19, dossier F, n* 6. Ce document est relatif à un conflit entre le pouvoir royal et les États de Bretagne. Il est impossible de préciser la date exacte à latiuelle il a pu être composé.
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laire, et le peuple qui veut être libre a le droit et la force de le Vlevcnir.
' Il y a plus. Dans sa jeunesse, Condorcet a écrit un opuscule intitulé : Mémoire snr les conseils qu'un zélé républicain, devenu par hasard favori d'un monarque, doit donner au prince pour favoriser sa chute ^. La donnée en est assez puérile ; mais l'idée de composer un pareil ouvrage fut-elle venue à la pensée de Fauteur, si, dès cette époque, il n'avait été républicain? A côté de ce fragment, qui nous semble péremptoire, on peut produire d'autres textes, extraits d'œuvres ultérieures et plus connues. Dans ses Notes sur Voltaire, qui sont antérieures à 1789, il écrit: « Il jn'y a qu'un esclave qui puisse dire qu'il préfère la royauté à une I république bien constituée, où les homn>es seraient vraiment libres, et où^ jouissant sous de bonnes lois de tous les droits qu'ils tiennent de la nature, ils seraient encore à l'abri de toute oppression étrangère^. » Et, dans la Vie de Turgot, on lit: « Une constitution républicaine est la meilleure de toutes^. »
Il est vrai que ces affirmations sont suivies d'autres, qui semblent les démentir. Après avoir célébré le régime républicain, Condorcet se hâte d'ajouter qu'il n'existe pas et qu'il n'a jamais existé de République véritable*. Mais la contradiction n'est qu'apparente. La constatation expérimentale, dont nous n'avons point à tenir compte ici, ne détruit pas la vérité de la proposition théorique, qui, seule, nous intéresse. De ce qu'il n'y ait jamais eu de Républicjue digne de ce nom, il ne suit nullement que la République ne soit pas la forme idéale de gouvernement, ni mc^me qu'elle ne puisse devenir quelque jour une réalité. Les souvenirs de l'antiquité hantent tous les esprits ; et, dès qu'il est question de République, l'on pense à ces cités grecques ou latines, où le peuple assemblé édictait lui-même ses lois. Une telle forme de gouvernement ne convient assurément qu'à de petits étals ; mais il est d'autres types de république, qui, pour n'avoir pas été essayés au cours des siècles, n'en paraissent pas moins a la raison pratiques et satisfaisants de tout point. Le principe de la souverai-
i. Publié dans la Révolution, t. XLII, p. 114.