‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 480 sur 520 · Dib. Sot. Français, nonv.ncq.y i:i74, f · texte numérisé non relu

Dib. Sot. Français, nonv.ncq.y i:i74, f

3. Il t'sl proUaUlc que i'iiu'l el Hoyer avairnl pn'îparè l'asile de Condorcet dès la lin de juin.

CHEZ m"'' \ernet 527

de recevoir chez elle était sous le coup d'un décret d'accusation : elle n'hésita point, et, sans vouloir entendre son nom: « Non, ditelle; il est vertueux et proscrit; qu'il vienne*! » Ce fut seulement le jour où Condorcet franchit le seuil de sa demeure qu'elle apprit à quel glorieux citoyen elle avait donné asile*.

Condorcet se trouvait chez elle dans des conditions de confort tout à fait singulières. La rue était écartée et paisible; la maison était petite, habitée par des gens tranquilles. Elle se divisait en deux corps de logis distincts, desservis chacun par un escalier séparé. Une première série de pièces avaient vue sur la rue : c'étaient les appartements des pensionnaires. Une autre prenait jour sur une petite cour intérieure que de grands arbres cachaient aux voisins : elle comprenait, au rez-de-chaussée, un salon et une salle à manger et, au premier étage, trois chambres. M™* Vernet et le géomètre Sarreten occupaient deux; la troisième fut celle du proscrite Une seule circonstance pouvait étfe funeste à Condorcet. Parmi les hôtes de la maison figurait Marcoz, un député montagnard, qui, souvent, mangeait à la table de sa propriétaire. Les deux collègues se connaissaient naturellement : le hasard pouvait les mettre en présence. Après en avoir conféré avec l'intéressé, M""" Vernet se décida à révéler le secret de sa maison à Marcoz. Celui-ci « se montra digne d'une si noble confiance* ». Bien loin de dénoncer son collègue, il alla de temps en temps le visiter: il lui prêta ses livres, lui en procura d'autres, et le tint au courant des nouvelles polili(|ues^.

Condorcet, en se réfugiant chez M""* Vernet, avait laconvic tion intime qu'il serait arrêté sous peu. Aussi, dès (ju'il eut gagné son rcfui;e, se mit-il à écrire le plaidoyer qu'il aurait à prononcer devant ses juges. L'œuvre qu'il écrivit alors nous est déjà connue; elle nous a fourni, à plusieurs reprises, de précieuses

Page 1