‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 485 sur 520 · S3!Î L.\ 1>R0SCRIPTI()>Ï · texte numérisé non relu

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entière d'un peuple de tout ce (|ue eliaque homme a besoin de savoir pour l'économie domestique, pour l'administration de ses affaires, pour le libre développement de sou industrie et de ses facultés ; pour connaître ses droits, les défendre et les exercer ; pour être instruit de ses devoirs, pour pouvoir les bien remplir; pour juger ses actions et celles des autres, d'après ses propres lumières et n'être étranger à aucun des sentiments élevés ou délicats qui honorent la nature humaine; pour ne point dépendre aveuglément de ceux à qui il est obligé de confier le soin de ses affaires ou l'exercice de ses droits ; pour être en état de les choisir et de les surveiller ; pour se défendre contre les préjugés, avec les seules forces de sa raison '. »

IV. — La composition du Tableau historique prit à Condorcet la plus grande partie du temps qu'il consacrait au travail chez M""" Vernet * ; mais elle ne suffit point à absorber l'activité étonnante de son esprit : il fit, au témoignage de Sarret, beaucoup de mathématiques, trouva un grand nombre de problèmes qu'il envoya à Arbogast, chercha une langue universelle, qui pût faciliter les rapports couimerciaux et intellectuels entre les peuples, entreprit la confection de manuels pédagogiques *. Ce labeur o[)iniàtre n'empêchait point toutefois Condorcet de réfléchir aux dangers de sa situation. Los soins affectueux dont Tentourait sa « seconde mère » xM""* Vernet, les visites de ses amis ne pouvaient lui faire oublier réloignement de sa femme et de sa fille, leur détresse, ni le distraire de ses propres soucis. La pensée que, d'un moment à l'autre, il pouvait être arrête et traduit devant le tribunal révolutionnaire, ne lui permettait pas de jouir pleinement de sa sécurité relative, ni du commerce de son entourage. Dès le moisd'cictobre, le procès et la mort des Girondins Favatent profondément affecté : en apprenant leur condamnation, il se prit à pleurera Plusieurs d'entre eux avaient été ses amis; d'autres avaient combattu à coté de lui, pendant la durée de la Législative ; et, malgré le désaccord (|ui l'avait écarté de leurs rangs depuis l'ouverture de la Convention, il éprouvait pour eux une

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