Lettres d'un bourgeois de iV.-//., Œuvres, IX
2. « Les membres du Corps législatir seraient élus pour 2 ans » (Lettres d'un bourgeois de iV.-/f., Œuvres, JX, 22). Dans les Ass. provinciales (Œuvres, VUI, 178), il propose 3 ans.
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des idées d'autorité, fâcheuses dans une démocratie ; il est à désirer d'autre part que le plus grand nombre possible de citoyens estimés et capables traversent la carrière politique, afin d'y acquérir la pratique des affaires. Condorcet propose en conséquence de décider que la majorité nécessaire pour être réélu, devra être de plus en plus forte, à mesure que Torigine du mandat deviendra plus lointaine*.
Certains écrivains, pénétrés d'admiration pour la constitution anglaise et préoccupés d'empêcher les votes précipités, ont préconisé la division du Corps législatif on 2 chambres. Condorcet juge ce système absurde en théorie, et éminemment dangereux dans la pratique : il a consacré tout un ouvrage à en montrer les vices, et à réfuter les arguments produits par ses défenseurs. Des mandataires du peuple ne sauraient avoir des prérogatives inégales ; la division du Corps législatif n'a d'autre effet que de retarder le vote des affaires, le succès des réformes, et de faciliter les intrigues des ambitieux, et des corrupteurs. C'est ailleurs, dans une réglementation de la procédure parlementaire, qu'il faut chercher les garanties nécessaires contre l'enthousiasme, les passions des députés, ou les menées des partis. L'on peut redouter, par exemple, que la minorité ne profite de l'absence accidentelle d'une fraction de la majorité, pour faire passer des propositions qui, normalement, eussent été rejetées. Il importe donc de fixer un quorum, au-dessous duquel toute délibération soit interdite, et de ne point l'évaluer trop haut, car ce serait exposer la chose publique à un nouveau danger; l'opposition pourrait alors, par sa seule abstention, empêcher le vote des mesures auxquelles elle est hostile, et cette obstruction qui deviendrait constante, parce qu'elle serait à la fois très facile et très efficace, paralyserait la vie politique du pays '.
IV. — Tiràce à toutes ces mesures, la représentation nationale sera l'expression fidèle de la nation ; la loi, celle de la majorité
1. Lettres dCun bonvfjpois de N.-II., Œuvres, IX, 22; et Ass. provinciales. Œuvres, vni, 179-180. Pour le premier renouvellement, il préconise dans les 2 ouvrages le môme accroissement rie mjijorité (3/4); pour le deuxième, il propose en 1787 4/:» et en 1788 7/8. Celle dilTérence légère tient peutélre h ce que Condorcet, dans les 2 volumes cités, n'assigne pas la même durée au mandai législaliT.