LE REFERENDUM
véritable du Corps législatif. Il est donc permis de croire que, dans tous les pays, où ces dispositions seront inscrites dans la constitution, les lois votées seront conformes aux aspirations populaires. Toutefois, en dépit de toutes les précautions, les électeurs peuvent faire de mauvais choix, les élus s'abuser sur les sentiments de leurs commettants. De là, la nécessité de soumettre les décisions de TAssemblée à Texamen du peuple.
Le référendum est le couronnement obligé du régime démocratique*. La masse des citoyens est sans doute incapable d'approfondir les questions économiques et de rédiger un projet de loi; mais elle connaît ses intérêts et ses droits. Si donc on réduit les textes légistatifsÀ une série de propositions simples qui s'enchaînent logiquement, le bon sens lui permettra, non pas de modifier, mais d'accepter ou de rejeter, en connaissance de cause, les articles qui lui sont soumis. Supposons même que l'état des lumières, et la situation politique du monde obligent le législateur à laisser, pour un temps, les représentants delà nation résoudre souverainement les problèmes trop complexes et trop confus encore de la police, des finances; il est du moins une classe de lois qu'on ne saurait soustraire à la ratification des électeurs, celle des lois fondamentales ou constitutionnelles, qui doivent être seulement le développement logique du droit naturel, qui touchent aux intérêts essentiels de tous les citoyens. La nation a seule qualité pour régler la forme du gouvernement de TÉlat: il est des pouvoirs qu'elle ne peut abdiquer; elle doit, pour rester libre, demeurer maîtresse de son organisation politique et de ses destinées.
l'idéal législatif
Quelle que soit la forme du gouvernement, l'Ëtat, contrairement à l'avis de Montesquieu-, n'est jamais omnipotent. Son pouvoir est limité par ses devoirs ; il ne peut prétendre à l'obéissance de