lettres d'un bourgeois de iV.-f/., Œuvres, IX
2. Critique du »• livre. Œuvres, ï, 365. Cf. d'Holbach, Sf/slèm^ social, II, cb. I, 6-7.
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ses sujets qu'à la condition de respecter leurs droits. Turgot écrit dans son article sur les Fondations : a L'utilité publique est la seule loi ^ » Condorcet se sépare ici de son maître et ami. Aucune considération utilitaire, aucune raison politique ne saurait, à ses yeux, légitimer une injustice. « L'intérêt de puissance et de richesse d'une nation doit disparaître devant le droit d'un seul homme ^. ^) / <c Toute loi contraire au droit d'un citoyen ou d'un étranger est / une loi injuste; elle autorise une violence, elle est un véritable \ crime ^. » A considérer d'ailleurs les choses au point de vue philosophique, l'intérêt véritable des particuliers et des peuples se confond avec les prescriptions de l'équité. « La raison montre également qu'il est utile en général au bien des sociétés que les droits de chacun soient respectés, et que c'est en assurant ces droits d'une manière inviolable qu'on peut parvenir, soit à pro- '\ curer à l'espèce humaine tout le bonheur dont elle est suscep- \ tible, soit à le partager entre les individus avec la plus grande égalité possible *. » C'est la doctrine de Rousseau ^.
Cette première restriction du pouvoir de l'État en appelle une seconde. Toute loi, même quand elle n'est point injuste, porte atteinte à l'indépendance des citoyens : elle n'est légitime et souhaitable que si elle est nécessaire, ou vraiment utile. L'État ne doit pas légiférer quand il le peut; il le peut seulement quand il le doit*. Son pôle actif dérive exactement de la nature de ses devoirs. Il a pour mission essentielle de défendre l'institution sociale: sans la société, l'individu ne jouirait plus de ses droits^ et le maintien de l'ordre social n'exige jamais d'injustice : toutes les lois qui sont nécessaires au bon fonctionnement, à l'existence de la société, sont donc justes et fécondes; de même, celles qui facilitent et par suite développent l'exercice des libertés individuelles.
L'État a encore une autre tâche à remplir. Ce sont les passions qui ont obligé les hommes à se réfugier dans l'état de société ; ce sont elles encore qui ont rendu nécessaire l'établissement de