‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 76 sur 520 · CRITIQUE DES IMPÔTS INDIRECTS · texte numérisé non relu

CRITIQUE DES IMPÔTS INDIRECTS

organisation, parce que rien de plus logique et de plus clair. Le revenu d'une terre étant notoire, il sera facile à chaque communauté de répartir équitablement entre ses membres la contribution globale qu'elle doit fournir à TÉtat. Rien de plus aisé que de percevoir Timpôt, et les frais étant presque nuls, on aboutira, en suivant les principes formulés plus haut, à imposer au peuple une charge rationnelle, relativement légère, qui sera tout entière consacrée à Futilité publique, à respecter les droits des individus et à assurer la prospérité de la nation.

Ainsi de la définition de Thomme et de celle de la société, Condorcet tire par voie de déduction, toute sa théorie de l'organisation sociale, et de la législation. Rien d'arbitraire dans son sytlème selon lui : c'est une suite de vérités (jui s'enchaînent nécessairement. Tout pays qui en acceptera les maximes connaîtra sûrement la paix et la liberté. Son gouvernement, peu centralisé, réduit à sa plus gi;ande « simplicité * » d'action sera, non le tyran, mais le serviteur de la nation. Interprète obéissant de la volonté populaire, soucieux de l'intérêt général, respectueux des droits naturels de tous, il se conduira toujours d'après les règles de la raison, et favorisera le progrès de l'humanité. La disparition des barrières économiques, et la propagation des lumières dissiperont les sentiments d'hostilité qui existent entre les différents peuples. La conscience universelle flétrira « ce vol à main armée qu'on appelle conquête'^ », ce crime sur lequel les moralistes sont restés muets; elle proclamera « que la guerre est aussi absurde en politique qu'elle est barbare' ». Ainsi un radieux avenir de bonheur et de fraternité s'ouvre, si elle le veut, pour l'humanité : « Plus la civilisation s'étendra sur la terre, plus on en verra disparaître, la guerre et les conquêtes, comme l'esclavage et la misère *. »

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