‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 77 sur 520 · LE SYSTÈME PRATIQUE. — LES RÉFORMES · texte numérisé non relu

LE SYSTÈME PRATIQUE. — LES RÉFORMES

I. — Il n'est malheureusement aucun pays d'Europe, Condorcet le constate avec tristesse \ où ces principes soient appliqués. Pas de nation qui jouisse de la liberté politique, ou même de l'intégralité de ses droits civils. L'esclavage, « cette horrible violation des droits de la nature* », est d'institution universelle : les États-Unis d'Amérique ont refusé d'étendre aux nègres l'indépendance qu'ils avaient revendiquée pour eux-mêmes.

Mais, de toutes les nations européennes, la France est celle dont l'organisation politique prête le plus à la critique. En certains endroits subsistent quelques traces de liberté : en Angleterre, par exemple, bien que l'administration delà justice encourre de graves reproches, l'établissement du jury et l'habeas corpus constituent pour les citoyens deux garanties précieuses contre l'arbitraire et l'oppression du pouvoir exécutif ^ Ailleurs, des princes éclairés, jaloux de mériter les applaudissements des philosophes, ont entrepris'd'améliorer la condition de leurs peuples et de conformer d'une façon plus exacte, les principes du gouvernement aux préceptes de la raison: c'est ainsi que le grand duc de Toscane a, le premier, dans un code célèbre, défini et respecté les droits de ses sujets, et fondé la classification des châtiments et des crimes sur une théorie scientifique des délits et des peines *. La France

1. Cf. Institut, Mss. N. S. 19, dossier E, n^O, et Appendice n* 1.

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