‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 95 sur 520 · LE DE>OIR DES PHILOSOPHES · texte numérisé non relu

LE DE>OIR DES PHILOSOPHES

nous, gémissons et de l'autre un si petit nombre de moyens par lesquels on puisse, sans rien sacriOer du bien aujourd'hui possible, préparer des biens plus grands pour Tavenir et non les contrarier? » Mais si la tâche est ardue, ce n'est point une raison pour s'y dérober. Puisque les États Généraux vont se réunir, il importe qu'ils soient les meilleurs et fassent la meilleure besogne possible. Us ne constituent pas sans doute une véritable Assemblée nationale, et cela est un malheur ; mais ils ne ressemblent pas non plus aifx anciens Ëtats Généraux, et cela suffît pour les rendre acceptables. La nation a été consultée autant qu'elle pouvait l'être, sur les conditions de leur formation*; le tiers état a obtenu à lui seul le même nombre de députés que les deux autres ordres réunis : il appartient maintenant aux amis de la démocratie de parfaire l'œuvre de la royauté, de confondre les derniers espoirs des privilégiés. Pour que les abusaient vécu, il suffit que le vote par tête l'emporte sur le vote par ordre. L'avenir de la France est entre les mains des électeurs; s'ils font de bons choix, la liberté triomphera.

II. — C'est donc à instruire ses concitoyens de leurs droits, de leurs devoirs, à appeler leur attention sur la gravité de leur vote et sur les moyens de ne pas se tromper, que Condorcet s'applique durant les premiers mois de 1789. Il publie alors un important projet de Déclaration des droits, dont l'exposé interviendra plus utilement ailleurs, 3 Lettres d'un gentilhomme à Messieurs du tiers état, enfin des Réflexions sur les pouvoirs et instructions à donner par les provinces à leurs députés aux Etats Généraux, Dans ces deux derniers ouvrages, Condorcet envisage trois questions : Que faut-il attendre de la prochaine Assemblée ? Qui doit-on élire comme députés? Quels pouvoirs la nation doit elle donner à ses représentants?

Les ÉtatsGénéraux ne sauraient avoir une existence prolongée. Les problèmes qu'ils auront à résoudre sont nombreux et graves; ils n'auront pas le temps d'envisager les difficultés locales, les questions particulières ; le vœu de la nation sera d'ailleurs d'autant plus fort qu'il sera plus net et plus unanime. Les cahiers de 1789 ne doivent donc pas ressembler à ces cahiers de doléances

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