CHAP. 1. CONCLUSJON DU CHAPITRE PREMIER
semblée nationale, celle de l'unité ou de la dualité du corps législatif. Il avait traité ce problème dans les Lettres d'un bourgeois de Neîuhaven, il y revient dans l'opuscule intitulé : Est-il utile de diviser une Assemblée nationale en plusieurs Chainbres? (IX, 331) et qui dut avoir une grande influence sur les Constituants qui allaient bientôt discuter le rapport de Lally-ToUendal (19 et 31 août 1789).
Avec un sens politique théorique des plus remarquables il saisit toujours, avec à propos, les problèmes constitutionnels qui vont se poser, et aussitôt, il propose aux élus, nouvellement appelés à la vie politique, des principes et des solutions.
11 adopte l'unité du corps législatif, mais on sent bien que ses préférences, à peines voilées, seraient pour l'existence d'une seconde chambre « compose'e d'hommes éclairés, à laquelle on attribuerait le droit de refuser jusqu'à deux fois, par exemple, son consentement aux délibérations de l'Assemblée nationale... Si l'Assemblée nationale était entraînée, soit par l'éloquence, soit par une fermentation passagère, soit par une cabale, à des résolutions dangereuses ou injustes, on sent combien l'avis d'un tel conseil, donné avec maturité, avec réflexion, aurait du pouvoir pour ramener les esprits » (IX, 355-356).
Ce point de droit constitutionnel occupera les Constituants et tous les hommes de la Révolution. Il sera discuté à plusieurs reprises et notamment par Condorcet lui-même quand il présentera, les 15-16 février 1793, à la Convention, au nom du Comité de Constitution, un projet de Constitution précédé d'un rapport où figure précisément ce problème, résolu dans le sens de l'unité des Chambres. (Voir plus loin chap. vi ; et livre 11, chap. iv, § 3).