‹ CondorcetChapitre 140 sur 165 · VI. CONDORCIiT OBSERVATEUR · texte numérisé non relu

VI. CONDORCIiT OBSERVATEUR

en août 1792, quand il reprend la tête du mouvement républicain qu'il n'avait jamais cessé de diriger, même pendant l'essai loyal mais « malheureux » de la Constitution « à double principe ».

Unité et sincérité, voilà ce que nous trouvons dans l'évolution républicaine de Condorcet. Efficacité et action puissante de cette évolution, voilà ce que démontre l'étude impartiale des faits.

VI. — Cette efficacité et cette action ont-elles été bien réelles? On pourrait en douter si l'on prenait au pied de la lettre les appréciations traditionnelles que l'on porte sur le xviii« siècle et les hommes de la Révolution. Siècle d1déalistes, dit-on; hommes de rêve, conclut-on, utopistes vivant en dehors et au-dessus du réel et sans action sur la vieil est juste de reconnaître que, par certains côtés, les hommes de la Hévolulion et Condorcet, autant qu'eux, donnent au premier abord cette impression. Amis des idées générales et abstrailes, apôtres des « vérités éternelles communes à toutes les Gonsliliitions », ils raisonnent en dépouillant les hommes de leurs attributs sociaux contingents. On dirait bien souvent qu'ils parlent d'une sorte d'homme en soi, lliomo politicus, qui n'est d'aucun temps, d'aucune civilisation, d'aucun climat, d'aucun Ktat. Par delà le citoyen ils voient l'homme. Et comme si cet effort d'abstraction ne leur suffisait pas, il faut encore, semble-t-il, qu'ils croient à la possibilité de transformer immédiatement, de fond en comble et radicalement, le vieil organisme social et politique. Et par quels moyens ? par la seule puissance de l'idée. Comme Descartes qui disait, à l'exemple de Socrate : « il suffit de bien juger pour bien faire », ils ont cru qu'il suffisait lie ;' déclarer » solennellement les droits de l'homme et du citoyen pour les faire respecter ; car, disaient-ils, « l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements ». Pour eux enfin il suffit de « construire » la cité idéale et de formuler des principes dans une Constitution pour réaliser aussitôt cette cité, asile de la justice et de l'égalité, de la liberté et de la raison.

Avant d'aller plus loin demandons-nous si ce portrait est ressemblant et, en second lieu, s'il donne la physionomie exacte de Gondorcet,

Que les hommes de la Révolution aient aimé les idées générales, cela n'est pas douteux. Mais les idées générales ne sortent pas toutes faites du cerveau du penseur, comme Minerve du cerveau de Jupiter. Elles sont le produit d'une lente élaboration. Elles sortent progressivement de la masse des sensations et du sein de l'expérience. L'esprit apporte l'acte de réflexion qui reconnaît et synthétise les semblables dans les dissemblables, l'universel dans le particulier. Cette loi psychologique est vraie des notions politiques comme des notions scientifiques. Et il serait facile de montrer que les grandes maximes de philosophie politique si chères aux Constituants ne sont pas tombées du ciel mais viennent de la terre. Dans une belle page Paul Janet a dit : « L'examen des faits nous apprend que chacun de ces droits n'était que le résumé et l'expression des faits concrets et positifs.

« La liberté d'aller et de venir se rapportait à la Bastille et aux lettres de cachet; la liberté d'écrire et d'imprimer rappelait V Emile brûlé par la main du bourreau et Rousseau banni pour l'un des plus beaux livres du siècle; la liberté de conscience rappelait les protestants chassés du royaume et destitués de l'état civil. La propriété affirmée comme droit naturel répondait aux vieilles redevances féodales auxquelles elle avait été asservie... L'égalité devant la loi s'opposait aux justices exceptionnelles; l'égale admissibilité aux charges: aux privilèges des grades réservés aux nobles; la répartition proportionnelle des impôts : au souvenir de la taille payée exclusivement par le tiers-état (i). »

Si les maximes générales des Constituants sont réellement l'expression de faits réels, de faits historiques et concrets, pourra-t-on continuer de dire qu'ils ont cru à la possibilité de transformer elfectivement, in concreto, les mœurs et le vieil édifice social? Nous ne le pensons pas, car ils l'ont cru surtout en paroles. En réalité, ils ont été obligés d'obéir à la grande loi ; natara non facit saltus. Leurs innovations politiques et sociales se rattachent au passé et ils ne les ont pas

(i) Hist. de la Sci. politique, 3'-' édition, I, page XLVL

réalisées brusquement. Le 5 mai, le 20 juin, le 14 juillet, le 4 août, la Déclaration (20-26 août) semblent des faits brus(]ues; en réalité, ces faits étaient préparés depuis longtemps. Nous n'en ferons pas remonter avec Auguste Comte l'origine jusqu'au xvi" siècle (1), mais il serait facile d'établir que ces journées ont consacré des faits ou réels ou prêts à se réaliser. Ptnirne parler que du dernier, de la Déclaration des droits, elle avait été préparée dans les écrits des philosophes français, dans les Déclarations de Virginie et de Pensylvanie, enfin dans celle deCondorcet lui-même (1789) (2). Considérez la Constitution de 1791 elle-même: elle est un ensemble de lois votées successivement de 1789 à septembre 1791. Considérez les essais de codilication des lois civiles et criminelles : ils se rattachent au passé et aux traditions nationales par les liens étroits de la coutume. Et ainsi de suite.

Concluons : les hommes de la Révolution ont eu une affection particulière pour les idées générales et ils ont eu en elles une telle confiance qu'ils ont parlé comme s'ils croyaient à leur réalisation totale, immédiate. En réalité, quand on les observe de près, quand on s'affranchit de la fascination des opinions toutes faites qui les représentent comme des utopistes et des rêveurs impatients, on s'aperçoit que leurs maximes générales sortent des entrailles mêmes de la vie et qu'ils ont réalisé ces idées en observant les lois mêmes de la vie : la continuité avec le passé, la réalisation par degrés.

Cette justification des contemporains de Condorcet n'a d'autre but que de le justifier lui-même en employant d'abord les mêmes arguments, puis des arguments qui lui sont propres et, partant, d'une force plus démonstrative.

Comme eux, et, à vrai dire, plus qu'euxencore, cet homme de travail et de méditation, ce timide au large front rêveur, aime les idées générales. Ses œuvres en sont remplies (3) et

(1) Cf. notre Essai historique et poHlique, etc., p. 16 et sq ; 255 et sq, 485.

(2) Cf. ci-dessus, p. 31, 50, 51 ; 368, 370 note 6 ; 392 note 1.

(3) Nous avons constaté que les maximes générales sont très nombreuses dans ses premiers ouvrages qui sont, par endroit, de belles dissertations abstraites. Au fur et à mesure que Condorcet prend contact avec la réalité, on voit les détails d'organisation concrète se mê-

838 LIVRE IV. INFLUENCt; DE GONDORCET

toutes ses discussions s'élèvent jusqu'aux principes. Sa méthode affecte la forme du calcul et du syllogisme. Par endroits il semble mépriser l'observation et reprocher à Montesquieu son relativisme historique et juridique. Il célèbre « les vérités éternelles, bases inébranlables de la République française ». (XII, 2BU). Il cherche ses principes « inaltérables et universels... dans la nature éternelle de l'homme et des choses. » (X, 71)11 va même jusqu'à appliquer le calcul aux sciences politiques et morales, à des objets qui semblent défier toute prévision : aux votes d'une Assemblée.

Nous ne dirons pas cependant que ses idées sont sans rapport avec la réalité et déduites exclusivement des purs principes. Nous avons dit (livre III, chap. m, § 4, p. 784) que la vraieméthode de la science sociale repose, d'après Condorcet, sur la double base de la raison et de l'expérience. Il loue fort Descartes d'avoir appris aux savants que leurs seuls maîtres étaient « la raison, le calcul et rex[)érience » (IV, 393). Il reproche aux anciens philosophes d'avoir établi « les théories avant d'avoir rassemblé les faits », d'avoir voulu « construire l'univers quand on ne savait pas même l'observer » (VI, 63). Enfin, nouveau Carnéade, il estime que la vérité est relative et se fait progressivement. (1)

Cet esprit de relativité il l'apporte dans la conception qu'il se fait des lois positives. Il ne dit pas avec Montesquieu qu'elles sont relatives au climat, au nombre des individus, à l'étendue de la société, à son commerce, à sa religion, mais il déclare qu'elles sont chose humaine , essentiellement relative, provisoire et perfectible : « autrefois, écrit-il en 1775, on ne croyait, on n'agissait que d'après des autorités ; maintenant on ne veut admettre pour guide que sa propre raison. Les [larliculiers regardaient les lois comme des oracles. Us semblaient croire qu'on ne pouvait oser y trouver des défauts, à moins que d'en avoir reçu la mission du législateur. Main-

1er aux maximes générales et finir par occuper la plus grande place. Il n'a pas vécu impunément dans l'action et au milieu des leçons de l'expérience.

(1) Cf. Supra 773, 777, 784. Ajoutez comme exemple d'études concrètes : Rapport sur un projet de rêformation du cadastre de la haute Guyenne (1775), (V, 235). Mémoire sur le canal de Picardie (1780) (XI, 315).

tenant un rédacteur de lois n'est qu'un homme, et le^; lois qu'il propose sont, comme tout ouvrage, soumises à l'examen et à la censure. » L'expérience même de la vie, plutôt que les savantes méditations solitaires d'un homme de cabinet, est indispensable pour juger et faire des lois : « iNe pourrait-on pas supposer que des hommes qui ont rempli des places hnportantes, qui ont montré de grands talents, qui surtout ont vieilli dans l'administration, ont été plus à portée d'apprécier les bons effets d'une loi, qu'un sage qui ne la juge dam son cabinet que d'après l'idée qiCil s'est faite de la nature et des droits de Chomme » (VII, 4) (1).

VA lui-même est entré dans les sciences morales et politiques par l'observation des faits économiques (2) et par celle de tous les événements contemporains : la Révolution d'Amérique, l'essai des Assemblées provinciales, le désordre des finances et la banqueroute, le programme royal de la Déclaration du 27 décembre 1788, la convocation des Etats généraux, l'inexpérience politique des électeurs pendant la période électorale, celle des élus aux Etats généraux. ..et ainsi de suite (Supra 23 et sq). Tous les événements sont ou rétléchis par Condorcet qui en dégage l'idée philosophique, c-u prévus par lui, d'après les leçons du passé. Tout le livre I de notre ouvrage a eu pour but de montrer celte union intime de la vie et de Ja pensée dans Condorcet. On a vu que toutes ses œuvres, sans exception, se référaient à un fait, à une décision, à un événement, ou bien, utilisant les données de l'expérience, annonçaient un événement, établissaient un problème et indiquaient une solution. (3) Son œuvre politique est la résultante

(1) Cf. le passage déjà cité : « Nous avons perdu cet art des anciens législateurs d'opérer des prodiges et de taire parler des oracles. I>a Phythie de Delphes ut les tonnerres de Sinaï sont depuis longtemps réduits au silence. Les législateurs d'aujourd'hui ne sont que des hommes qui ne peuvent donner à des hommes, leurs égaux, que des lois passagères comme eux », IX, 375. Cf. Supra 310-311.

(2) Ci -dessus p. 20 et note ; 362, 692 et sq.

(3) Voici quelques réféi*ences utiles à consulter : Supra : 21, 28,29, 31, 40, 52, 55-58, 61, 69 (le mot du Président de la Constituante) ; 87 (il temporise) ; 102 (révolution pacifique et progressive); 111 (Journal de la Haute-Garonne) ; 119 (essai de la constitution mi-républicaine'i ; 120 note i (sa carrière de journaliste, surtout à la Chronique de Paris ; 123, 124, 126, 129148, 149. 151, 152 (son discours de 9 août 1792); 154-157

de son esprit et des choses. De là vient sa force, sa puissance, comme nous l'avons vn et comme nous le redirons plus loin.

Ses actes les plus importants : politique anti-fe'déraliste (314) et par moments anti-girondine (307 note 2) ; élection de Danton (159) ; l'évolution même de ses idées cpnsitaires (441), féministes(82 note 1 , 403), anti-monarehistes (119,830) ; la plupart de ses théories : amélioration de la Déclaration des Droits (420), combinaison du gouvernement représentatif et du gouvernement direct, (409 ; 491-492), la censure populaire (576 et sq), le référendum [ibid. ; 586 ; 588 et sq), l'exclusion des constitutions éternelles {ibidem)^ la souveraineté attribuée à l'ensemble de la nation (412,413), l'établissement d'un conseil exécutif (555, 556 et sq) et de la responsabilité de tous les agents du pouvoir (413, 556, 587) ; défiance à l'égard du pouvoir exécutif (556) l'exclusion de l'hérédité et des pouvoirs personnels (550 et sq) ; la réélection fréquente de tous les délenteurs du pouvoir soit législatif, soit exécutif, soit judiciaire (525 ; 559 ; 560; 609) ; le non-égalitarisme (403) le système des pluralités graduées (462 et sq), la théorie des lois : choses humaines et non divines (838, 839 et note 1), les limites légales au droit d'insurrection (415-416) ; le maintien des autorités constituées pendant les périodes de revision (603) ; le rôle de l'expérience en Economie politique (699) ; en morale (747 et sq) ; en sociologie (784, 788) — tout prouve qu'il a puisé dans la réalité, soit pour l'imiter ou la corriger, soit pour réagir contre elle ou au contraire suivre ses indications, la plupart de ses théories et de ses propres motifs d'action.

Procéder ainsi, est-ce le fait d'un homme qui n'a pas le sens de la réalité et des contingences ? qui méprise ou qui ignore l'expérience ? n'est-ce pas plutôt la marche du savant qui s'élève progressivement des faits aux lois, des sensations à l'idée ? Gomme le savant, Condorcet a des idées directrices; comme lui, il raisonne, il calcule, il déduit. Méthode dangereuse pour qui dédaigne l'expérience ! Méthode

et 176 (le souci des conséquences^ 157 et note 3 (souci des détails pratiques) ; 159 (élection de Danton); 162, 378, 410, 411, 413, 415 note 2 (contre les violences révolutionnaires) ; 444, 473, 571 note 5; 589, 595, 596, 597, 645, 772, 773, 784, 787, 788, 799, 802, 804, 824, 832.

féconde et puissante pour qui prend pied put le terrain de la léalilé et ne le perd jamais de vue ! (Supra 784, note 4).

Ce terrain, Condorcet ne l'a jamais quitté. Nous avons noté dans les différents chapitres du livre I son talent d'observateur, son esprit d'à propos pour saisir tous les courants de l'opinion, les diriger ou les prévoir. Nous avons donné des preuves décisives de son sens des réalités et des contingences, notamment quand il dit en 1790 qu'il ;^ne croit pas le pays Hiûr pour la République ; en juillet 1791 qu'il croit le moment vrnu et en septembre suivant qu'il accepte d'ajourner cette réalisation ; eu août 1792 quand il pousse Danton au ministère (1). De cet esprit temporisateur nous avons aussi trouvé la preuve dans le mot que lui prête Etienne Dumont (ji) et dans lequel il déclare qu'il préfère une révolution pacifique et légale, faite par TAssemblée, à une révolution brusque et tourmentée faite par la populace. N'a-t-il pas prévu ces excès dès janvier 1789, au len'demain de 'la convocation des litats généraux, quand il s'effraie de la hâte avec laquelle on les convoque dans l'état d'inexpérience politique du pays? N'at-il pas prévu la malheureuse inimitié de Paris et des départements quand il s'efforce, dès 1789 pour continuer ju.=qu'en 1793 (3), de réconcilier « Paris et les provinces? »

Observateur attentif de la vie, plongé dans l'action, très sensible {Supra, 312, 316, 334), réorganisateur des finances, rédacteur officiel des Adresses, rédacteur de la Chroniijue de Paris, Condorcet apparaît, non comme « un pur dogmatique et un simple logicien (4) », mais comme un penseur

(i) Cf. p. 157, note 3 où il est dit qu'il songeait à préparer des lits pour les députés obligés de rester nuit et jour en réunion permanente. Cf. 336 : le mot d'Hérault sur l'amour qu'avait Condorcet pour les détails pratiques.

(2) Ci-dessus p. 102, 152 et note.

(3) Ci-dessus p. 269 et note 3. Cf. 829 et note 3.

(4) Taine, La conquête jacobine, I, 26 ; cf. Bûchez et Roux, Histoire pay^lementaire de la Révolution, XII, 360 : Condorcet a cru « à la Révolution comme à un problème de oéométrie que la formule du droit naturel est appelée à résoudre ». Renan parle de son « rationalisme absolu » [Réforme intellectuelle et morale de la France, 40). M. Emile Facçuet observe chez lui « une intrépidité de dogmatisme » qui eut fait sourire Buffon lui-même (xvuie sièc\e, FAudes littéraires). On trouve dans toutes ces appréciations l'influence du jugement traditionnel porté sur les hommes du xYiii^ siècle et, plus spécialement,

qui a le sens des difllcullés el des contingences. Ses idées sont générales, mais elles sont adaptées à l'expérience, soit qu'elles en viennent, 'soit qu'elles aient été construites sur son modèle, il aspire à les appliquer.^ mais il sait les ajourner et attendre le moment opportun.

La question est de savoir si ces idées sont réalisables ? En d'autres termes, Condorcet n'a-t-il pas été un rêveur et un utopiste?

Nous ne le croyons pas. Un homme qui observe la réalité n'est pas un utopiste. Et Condorcet a été un observateur.

Un homme qui agit sur ses contemporains, qui influe sur leurs idées et sur leurs actes, n'est p:is un utopiste, ou du moins, si ses idées ont été des utopies, quand elles étaient dans son esprit ou dans ses ouvrages, elles ne le sont plus une fois qu'elles se sont incarnées dans les décisions des autres hommes et dans leurs acte?. Les exemples de cette influence se trouvent à chaque page dans tous les chapitres du livre I" (1).

Un homme dont les contemporains imitent les idées n'est pas un utopiste. Or, presque toutes les idées politiques et constitutionnelles de Condorcet sont passées dans la Constitution montagnarde du 24 juin 1793, et, quoique dans une proportion moindre (2), dans celle de l'an 111.

Enfin un homme dont Tintluence survit et traverse les phases changeantes de l'histoire d'un pays n'est pas un utopiste. Or, nous avons montré l'influence posthume de Condorcet (livre I, chap. viii). Elle se fait sentir encore aujourd'hui : — la Suisse est restée fidèle au référendum. L'Amérique a conservé le Gouvernement représentatif non-parlementaire. Et nous-même en France, soit qu'il s'agisse de la doctrine, soit qu'il s'agisse de la politique, nous sommes engagés dans le sillage de Condorcet. La science du Droit constitutionnel lui doit l'organisation de ses cadres, de ses problèmes et de sa méthode. La science politique contemporaine lui emprunte la

l'influence du jugement porté par La Harpe sui* Condorcet (cf. livre 1, chap. viu p. 339 ci-dessous. Conclusion générale : et par Taine sur la Révolutioa : nous nous inscrivons en faux contre ces jugements qu'il était temps de reviser.

Page 1