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CHAI'. VI. LE COMITÉ DE CONSTITUTION

Louis XVI. iMais il joua à la Convenlion, et, probablement dans le Comité uti rôle assez effacé, car il se sentait inutile dans les circonstances que traversait la Hépublique. Aucune de ses idées monarchiques ne passa dans la Conslilulion girondine, essentiellement démocratique et républicaine.

Il n'eut guère d'influence que sur la division du corps législatif en deux sections, pour la préparation et le vote de la loi. Mais nous verrons bientôt (ci-dessous : séance du 20 février 1793) que celte motion additionnelle provoqua un véritable tumulte et fut supprimée.

Sieyès ne prendra sa revanche qu'en 1799, sous le Directoire dont il lit partie. Il aidera Bonaparte à consommer le coup d'Etat du 18 brumaire et en sera récompensé par son élévation au consulat et son intluence dans l'élaboration de la Constitution de l'an VUI, où le corps législatif sera divisé en trois sections distinctes et séparées.

Comme le dit M. Albéric Nelon, l'historiographe de Sieyès, « il dût s'effacer devant Condorcet, dont l'astre était alors à son zénith... Tous s'inclinaient devantson (deCondorcel) autorité, la hauteur de ses vues, la pureté de sa vie publique »(1).

Le rôle des autres membres du Comité dut être égalcmen cu très effacé ou se borner à de simples discussions dont Condorcet, rapporteur (Paine ne parlait pas le français), dut être le guide et le président.

AinsiBrissot, considérécommelechefdu parti de la (Jlironde, ne dût guère intervenir que dans les questions de politique internationale : il concevait les rapports extérieurs de la France sous la forme du propagandisme armé. Le 1" février 179;^ c'est ^ui qui fit déclarer la guerre au roi d'Angleterre et au stalhouder de Hollande (ci-dessus, p. 185). La plupart de ses idées

(1) Sieyès, par A. Neton. Paris, Perriii et G'», 1900, p. 176. Après la tourmente du 31 mai et du 2 juin, Sieyès devint le chef du coraitë de l'Instruction publique dont Condorcet faisait partie avec Laicanal M.J. Chénier, Daunou, etc., etc. C'est autour de Sieyès, dit M. Neton, que les membres du Comité viennent se ranger. Privés de l'autorité de Condorcet, il était naturel qu'ils acceptassent la sienne. Ne l'avaientils pas vu, président du Comité, marquer la plus grande déférence à l'illustre fondateur de la République, accepter même ses idées par respect pour ses lumières et son talent {Ibid. 190).

19G LlVRt: I. HISTOIRE EXTERNE, ETC.

sont passées dans le litre XIII de la Girondine, avec d'inriportantes atte'nualions (ci-dessous, livre II, chap. x).

Pélion avait fait partie du premier Comité de Constitution du B juillet 1789. 11 fut très populaire et eut une grande influence en en dehors des assemblées. Nous ne connaissons aucun fait qui nous permette de dire qu'il ait écrit ou réfléchi sur les questions de droit constitutionnel. C'était un homme d'action. Son rôle au Comité dût être également assez effacé.

Il en fût de même de Vergniaud, l'orateur du parti girondin. 11 a composé de beaux et sonores discours; il a dû prendre part aux discussions, mais il est impossible de déterminer exactement son influence au Comité.

Gensonné, dit M. Aulard, travailla dans les Comités et marqua plus d'une loi de son style sobre et grave (1). 11 était très considéré dans le parti girondin. 11 est probable qu'il dut prendre une part active aux discusions du Comité, car il était laborieux et dialecticien.

De Barère un peut dire, presque à coup sûr, qu'il ne fit rien ou presque rien. Nous savons qu'il demanda à Paine le plan écrit que Paine avait rédigé à l'intention du Comité et Barère le perdit. Il n'a pas encore été retrouvé. H est certain que si Condorcel n'avait pas été là, cet habile prestidigitateur qu'était Barère aurait rédigé lui-même le rapport. « Avait-il un sujet à traiter, dit Vilate, il s'approchait de Robespierre, Hérault, Sainl-Just, etc., escamotait {sic)k chacun ses idées, paraissait ensuite à la tribune ; tous étaient surpris de voir ressortir leurs pensées comme dans un miroir fidèle, d Les effets de son éloquence à la tribune et même au dehors (2) étaient vraiment prodigieux. Elle ne dut guère seconder les travaux du Comité.

Quant à Danton, nous supposons qu'il n'a pas assisté aux séances du Comité, d'abord parce qu'il n'aimait pas le travail de bureau, ensuite parce qu'il ne signa pas le plan de Constitution présenté par Condorcet ; or, ce plan porte la signature de tous les autres membres (3).

Barbaroux, jeune Marseillais entreprenant, hardi, suppléa

(1) Les Orateurs de la Léyislative, etc. t, 459.

(2) Il paraît que les soldats en campagne réclamaient des plira.se& des discours de Barère pour s'entraîner et s'exciter !

(3) Aulard, Hi'itoire politique, etc., 283 et note 2.

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