‹ CondorcetChapitre 51 sur 165 · CHAP. VI. LECTURE DU RAPPORT · texte numérisé non relu

CHAP. VI. LECTURE DU RAPPORT

comprendre etsuivreavecprofiirhistoire des discussions de la Girondine que nous allons retracer d'après les documents de l'époque : hQ Procès-verbal et le Bulletin de la Conventio7i, le Moniteur, le Journal des Débats et des décrets, le Logotachigraphe ; puis le Patriote Français, organe des Girondins et Le Républicain, favorable aux Montagnards, deux feuilles intéressantes à comparer, La Feuille Villageoise, etc. (1). Nous ne ferons pas d'emprunts à la Chronique de Paris, car, dès le n° du 31 décembre 1792, les compte-rendus portent la double signature Condorcet-Launay-d'Angers ; ils ne reflètent plus la pensée exacte et pure de Gondorcet.

Si l'on s'en tient aux indications du Procès- Feria^ de la Convention, on trouvera que la Girondine ne fut discutée directement que dans neuf séances : deux en février, quatre en avril et trois en mai. En réalité il y eut d'autres discours prononcés à l'occasion de la Girondine et qui peuvent être comptés comme faisant partie de la discussion de cette Constitution. On en trouve soit l'indication soit le texte dans la « Feuille des décrets », dans le Moniteur, etc. et le compterendu dans le Patriote français et Le Républicain qui se placent, à deux points de vue opposés ; l'un pour approuver, l'autre pour faire des réserves et au besoin des critiques. Nous les compléterons par le Journal des Débats, etc. et le Logotachi graphe (2).

Le Procès-verbal ofticiel de la Convention mentionne, dans le compte rendu de la séance du 15 février 1793, que « le rapporteur du Comité de Constitution monte à la tribune et commence la lecture du rapport et du plan de ce Comité sur le nouveau pacte social, si universellement désiré et si impatiemment attendu. Apre* la lecture du discours préliminaire, de la déclaration des droits et de quelques titres, la

(1) Voir au début de ce livre la Bibliographie. Il importe de remarquer que Le Républicain visé ici a pour sous-titre : Journal des hommes libres de tous les pays ; on ne doit pas le confondre avec Le Républicain paru en juillet 1791 et qui n'eut que quatre n^^ ci-dessus, p. 102.

(2) Les Archives parlementaires présentent cette utilité c'est que, en reconstituant hypothètiquement cliaque séance, elles groupent les textes empruntés à ces différents journaux. Il est utile de les avoir ainsi sous la main.

continuation est ajournée » à la séance du lendemain (1).

Le lendemain, 16 février, Condorcet, fatigué, ne put continuer la lecture. « Un membre du Comité de Constitution (Gensonné) (2) continue la lecture de l'acte constitutionnel. »

Le P)'océs-verbal nous apprend ensuite qu'un membre propose et la Convention nationale décrète que le discours du citoyen Condorcet et le projet de Constitution dont elle a entendu la lecture dans ses séances des 15 et 16 de ce mois seront imprimés (3) et distribués au nombre de six exem-

(1) Procés-Verbal de la Convention, tome VI, p. 246. — Le Moniteur (XV, 456j, imprime le rapport de Condorcet sous la date du 23 ; c'est une erreur manifeste.

(2) Le Procés-Verbal, le Moniteur. (XV, 452) et le Patriote français (16 février 1793, p. 188) mentionnent seulement Gensonné. Le Républicain (16 février 1793, p. 449), dit que Barère, le premier jour (15 février), acheva la lecture du rapport, et le lendemain (16 février) Gensonné lut la déclaration et une partie de la Constitution. Dans une lettre que nous citerons ci-dessous (p. 240), Jeanbon Saint-André cite également Barère.

(3) Trois spécimens de ces exemplaires se trouvent à la Bibliothèque nationale sous les côtes Le 38/1766 d; Le 38/1766 A et B ; M. Aulard en a reproduit le texte dans la revue : La Révolution Française, XXXIV, p. 503-554. Le texte a été reproduit dans La Chronique de Paris, journal de Condorcet : n°^ 48 à 52; — dans le Moniteur, réimpr., XV, 473-488 ; — la Feuille Villageoise : 14 mars 1793, p. 553 et sq. ; — le Patriote Français, 18 février 1793, p. 197 ; 19 février, p. 200 et sq. ; 20 février, p. 205 et sq., etc., la fin : 22 lévrier et supplément.

Dans leur ouvrage intitulé : Les Constitutions et les principales lois •politiques de la France depuis 1 789, Paris, Pichon, éditeur (pages 36-66), MM. Duguit et Monnier ont reproduit le texte du Moniteur (voir le compte rendu de cet ouvrage par M. Aulard à&ns Révolution Française, etc., n» du 14 mai 1898, p. 462).

Les éditions de la Girondine sont nombreuses ; en voici quelquesunes : — La Constitution française telle qu'elle a été lue à la Convention. A Paris, chez les directeurs de l'imprimerie du Cercle Social. Prix, 1 liv., franc de port {Moniteur, réimpr., XV, 490-491) — Constitution française, telle qu'elle a été lue à la Convention nationale le vendredi 15 février 1793. Prix: 10 s. et 5 livr. la douzaine, franc de port. A

Paris, chez Garnery, libraire, rue Serpente, no 17, iibid., p. 516;

cf. 539), etc., etc. — Cf. Archives parlementaires, l'"<^ série, tome

LVIII, p. 602 et sq., 616 et sq.

Nous donnons ces indications bibliographiques pour bien montrer

que, soit par l'impression ordonnée en séance, soit par l'initiative

privée, la Girondine fût, dès son apparition, très répandue. Le nom

de Condorcet et l'attente du « nouveau pacte social » expliquent sans

peine cette vogue.

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